‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 2 sur 176 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

verre. Notons bien ceci, car c'est un fait qui montre l'influence des surfaces sur la réduction de l'oxide. Cet effet ayant également lieu sans la présence de l'argent, nous devons en conclure que l'action exercée par la paroi est déterminante. Dès lors les électricités Contraires dégagées dans la réaction lente de l'oxide de cobalt sur l'hydro-chlorate de chrome, se recombinent en suivant la couche de liquide adhérente à la paroi du tube; il faut donc que la paroi inférieiuc se comporte comme le pôle négatif. C'est un fait que nous allons chercher à interpréter.

Quand un corps est plongé dans un liquide, il y a action exercée de l'un sur l'autre, c'est-à-dire, du solide sur le liquide. On a admis, et cette supposition est justifiée par les rapports ([ui existent entre les résultats du calcul et ceux de l'expérience, que cette action, en vertu de laquelle le liquide adhère au solide, ne s'exerce qu'à une distance infiniment petite de la paroi. Cela posé, les particules de la couche de liquide excessivement mince, qui est soumise à cette action, ne doivent pas être dans le même état que celles qui sont placées à ime certaine distance; dès lors, on peut dire avec certitude que les propriétés électriques de cette couche ne doivent pas être précisément les mêmesque celles de la |)ortion du liquide qui n'est pas soumise à l'influesice des forces capillaires; or, quand un corps réagit sur une solution, l'un et l'aiitre en contact avec une surface, la portion de la solution en contact avec celle-ci n'étant pas dans le même état que l'autre, peut servit' à opérer la recomposition des deux électricités déoajrées dans la réaction. Si la solution

se comporte comme un acide, la portion du tube, qui exerce une action sur cette même solution, doit se conn porter comme le pôle négatif, et fiiciliter par conséquent la réduction de l'oxide de cobalt; c'est probablement là ce qui se passe dans l'expérience précédente.

lOQii. Quelques exemples montreront d'une maniera assez remarquable rinflueticedes surfaces sur la production des phénomènes électro-chimiques.

4 K\FL. nrs surîF. pks cop.p? de tvat., i-tc.

On a mis au fond d'un tube fcrinc', du sulfure noir de ni(M"cure, une solution saturée de sel marin, et une lame de cuivre plongeant dedans et traversant le sulfure. Au bout de c{uel(|ues mois, on a commencé à apercevoir sur la paroi intérieure du tube des points métalliques de mercure, qui ont pris avec le temps un tel accroissement que, six ans après, ils avaient de i à i millimètres d'étendue. Ils formaient des rudiments d'octaèdres réguliers; sur la lame, au-dessus du sulfure, il s'est déposé aussi des petits octaèdres de mercure, combiné sans doute avec un peu de cuivre. Ici l'influence exercée par les surfaces est manifeste, puisque la décomposition du sulfure a couunencé dans les parties où il était en contact avec le verre.

Interpiétons les effets produits : le tube étant fermé hermétiquement, le cuivre, au bout de peu de temps, quand tout l'air a été absorbé, a cessé d'être attaqué par le sel marin; d'un autre coté, le sulfure de mercure n'étant pas sensiblement soluble dans la solution de sel marin , il fiut donc admettre que le sulfure exerce sur le cuivre, par l'intermédiaire du sel marin, une action cbimique excessivement faible, mais capable de mettre en jeu les effets électriques qui opèrent sa décomposition. IjC soufre se porte sur le bout inférieur de la lame de cuivre, se condjine partie avec ce métal, partie avec l'oxigène de l'eau (jui est décomposée, tandis que le mercure est transporté sur le bout supérieur de la même lame où les molécules se groupent, conjointement avec des molécules de cuivre provenant du sulfate de cuivre, pour former de petits octaèdres; tandis que ces effets ont lieu, les portions de sulfiu'e en contact avec le verre sont décomposées, et forment des rudiments d'octaèdre d'une très-grande minceur. Ces cristaux paraissent avant que l'on conunence à en apercevoir sur la lame de cuivre. Ainsi, l'action capillaire a assez de force pour retenir le mercure et lui faire perdre son état liquide.

Dans nn tube renfermant de l'oxide d'argent, une

CHAPITKE PKEAIIEH. D

solution saturée de sel marin et une lame de plomb, on a observé des effets semblables, réduction de l'oxide d'argent sur la paroi du verre produisant une surface métallique unie et brillante, et formation d'un grand nombre de cristaux de double chlorure de sodaun et de plomb. On a placé dans un tube du carbonate de cuivre , une solution de chlorure de sodium et une lame de plomb; la partie supérieure s'est recouverte de cuivre métallique, le carbonate est deveiui noir, c'est-à-dire, anhydre, et la partie adhérente au verre a commencé à se réduire en dendrites métalliques. La surface du plomb s'est recouverte aussi de cristaux, de double chlorure de plomb et de sodium et de carbonate de plomb. Nous pourrions citer d'autres faits à l'appui des précédents, pour montrer le genre d'influence qu'exercent les surfaces des corps sur les phénomènes électro-chimiques, même lorsque ces corps ne sont pas conducteurs de l'électricité. L'action qui a lieu dans ce cas est une action attractive du verre sur les éléments qui sont à l'état naissant, ou qui sont transportés par les courants.

§ IL De Vinfluence de Voxidation et de diverses causes sur les ejjets chimiques .

\oii. Les effets électro-chimiques éprouvent des variations sur des lames d'un métal facilenient oxidable, toutes les fois que leurs parties superficielles ne sont pas dans le même état d'homogénéité. ]\L Sturgeon (i) a fait, à ce sujet, quelques observations qui nous serviront de guide.

L'hétérogénéité peut exister sur les surfaces^ métalliques, pai" suite de l'oxidation qui n'a pas été la même sur tous les points, par la présence de corps étrangers qui y adbèrent, par l'écrouissage, le poli, et par d'autres causes dont il sera parlé ci-après. Il en résulte que

(i) i^nnals of Jileciriciiy, oct. i8j6.

€ JNFL. DE l'oXID. ET DE ÎHVE«SES CAUSES, ETC.

toutes les parties n'étant pas égïilei^nt attacpiées, les effets électro-cliitnitjues ne doivent ^>às être les inèuies.

Pour le prouver, on prend un ^velit vase de verre, rempli pi'es(|ue eTitièrenient d'eau mêlée de quelques gouttes d'acide sulfuriqnc et l'on introduit dedans un morceau de zinc, dont la surface est bien nette; si l'on regarde attentivement la surface, on voit que les points d'où s'échappe l'hvdrogène sont peu nombreux; ce sont autant de pôles négatifs de tiès-petits couples voltaïques dont les pôles positifs sont plactis alentour.

M. Sturgeon a exploré avec soin les surfaces avec un fil de cuivre et a trouvé que les effets produits étaient réellement électriques.

La position de ces points change frécjuenunent dans le cours de la dissolution du métal, en raison du dépôt d'oxide, de la texture du métal, du j)oli de sa surface, etc.

I023. On conçoit très-bien, d'après cela, pourquoi une lame de fer ou de zinc qui, avant d'être plongée dans l'eau, est polie, devient rugueuse après une longue immersion, car l'oxigène (|ui provient soit de l'eau, soit de fair qu'elle renferme, se distribue inégalement sur les j)oints de la surface c|ui n'étant pas également attaquables constituent autant de pôles positifs; les points qui forment les pôles négatifs n'éprouvant aucune altération restent tels qu'ils étaient d'abord. L'action chimique continuant, les pôles changent de position et il en résulte des inversions telles, dans leur nature électrique, que ceux qui étaient d'abord électro-négatifs deviennent électro-positifs et s'oxident à leur tour.

Cet effet s'observe également dans les actions brusques.

On peut expliquer maintenant pourquoi une sui-face rugueuse de zinc est plus sensiblement attaquée que lors- (pi'elle est claire et unie. L'état rugueux annonce que les parties saillantes, par des causes (|uel(onques, ont été moins attacjuées que les parties profondes. Dèslors elles doivent constituer avec celles-ci des couples voltaïques

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