‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 3 sur 176 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

qui augmenlent d'autant l'énergie de l'action chimique. D'un auti-e côté, quand la surface est lisse et unie, l'eau acidulée commence par réagir sur les parties où la force de cohésion est la moins forte, (î'est-à-dire, dans le sens où le clivage est le plus facile; les parties saillantes commencent dèslors à se montrer et la surface devient rugueuse.

I024- M. Sturgeon a remarqué, comme M. Faraday, que le zinc trempé a des pôles plus puissants à sa surface que le zinc laminé, non-seulement dans les premiers instants de la réaction chimique, mais encore pendant tout le temps qu'elle s'exerce.

Le même physicien a rendu sensihle de la manière suivante la différence d'action chimique qu'éprouvent les diverses parties d'une surface métallique.

Soit a o b (fig. i) une lame de zinc recourhée, dont les deux bouts a et b plongent également dans une solution acide, et n s ime aiguille aimantée, placée sur un pivot, comme l'indique la figure ; les mouvements divers de cette aiguille et ses positions stationnaires accidentelles montrent que les courants électri(|ues s'arrêtent quelquefois dans une direction et quelquefois dans une autre, pendant que le métal est attaqué par le liquide; ce qui est une conséquence du nombre, de la position et de l'énergie des pôles électriques distribués sur sa surface.

1023. M. Sturgeon (i) a' appelé aussi l'attention des physiciens sur un fait très-remarquable dont nous devons nous occuper ici, et qui sert d'argument, il faut l'avouer, aux partisans de la force électro-motrice.

On sait que l'eau légèrement acidulée par l'acide sulfurique agit avec une certaine énergie sur une plaque de zinc; mais si la surface de ce métal est amalgamée, l'action est nulle ou à peine sensible. Si l'on vient à la toucher alors avec un fil de cuivre ou de platine, elle

(i) îs'ouvelles llccherchcs expénmeotalcS; i83o, p. 74.

8 l'HOPIluh'LS ANOMALES VU i'ER PLOJVGli, ETC.

devient vive aussitôt; le zinc se dissout et l'hydrogène se dégage sur le lîl , (jui est le pôle négatif, du couple \oltaujue. Pour(juoi le; mercure qui, dans son contact avec le zinc et l'eau acidulée, doit constituer également un couple voltaïque, ne produit-il pas un semblable effet ? 11 est difficile de répondre à cette question ; nous essaierons cependant de le faire, après avoir passé en revue les j)hénomènes suivants, également très-remarquables, et qui ont ({uelquc analogie avec celui dont nous venons de j)arlcr.

§ 111. Propriclcs anomales du Jer plongé dans l'acide nitrique.

lO'iG. Le fer possède la singulière propriété de ne pas être attacjué pai- l'acide nitricjue dans lequel on le plonge, quand on l'a mis préalablement dans un état particulier que nous allons faire connaître. Cet état, qui est produit peut-être également sur d'autres métaux par des moyens (|ue nous ignorons encore, doit être pris en considération dans l'examen des effets dus aux. actions lentes.

Les phénomènes relatifs à la propriété anomale du 1er ont ét('> étudiés successivement par Bergman fi), Keir(2), M. Braconnot (3), llerscliel (4)? Schoenbein (5) et Faraday.

I^iOrsqu'on chauffe jusqu'au rouge une des extrémités d'im fil de fer, et (pi'après son refroidissement on le plonge dans de l'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de I. 35, cette extrémité n'éprouve aucune action, tandis que le même acide agit avec force sur le fer non chauffé.

Un fil de fer oxidé peut servir à préserver un lil qui

(ij Triuis. pliil., 1790» P- 37/1.

{■1) Ibicl., p. :^7/, , 379.

(3) Annales do C'.li. et de Pliys. , t. lu, p. a8G.

(4) Ibiil., t. i.iv, p. 87.

(5) Philos. Magaz., niais et août iS36.

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