‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 25 sur 176 · CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

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duits iminédiatement ? A l'inspection des lames, il est facile de voir que les cristaux de fer hydraté sont d'une formation postérieure à ceux du feroligiste, puisqu'ils sont superposés sur ces derniers. Jusqu'ici l'on n'a pu former les cristaux de peroxide de fer anhydre que par le secours de la chaleur. Pourraient-ils être produits également par l'action des courants électriques? C'est une question que nous ne pouvons décider encore; cependant il est probable qu'elle a pu exercer une certaine influence dans l'exemple que nous citons : en effet, il y a production de courant toutes les fois qu'un n)étal étant en contact avec un de ses oxides, ou un oxide avec ini autre oxide, ces corps sont mouillés simultanément par un liquide capable de réagir chimiquement sur l'un d'eux. Tout porte à croire , d'un autre coté , que les lames de fer ont été d'abord changées en oxide magnétique; que les fissures se sont ensuite formées peu à peu à mesure que le métal a changé de volume, et que les cristaux qui tapissent les parois de ces fissures ont été produits postérieurement par la réaction de l'air et de l'eau qui , pénétrant trèslentement entre les fissures, auront réagi sur les portions de fer non encore altérées dont on retrouve des traces en broyant les lames. Les molécules s'étant formées, pour ainsi dire, une à une, rien ne s'est opposé à ce qu'elles prissent un arrangement régulier. Or, les petits couples voItaï([ues formés par le fer, l'oxide magnétii[ue et l'eau, auront réagi infailliblement sur l'hydratede peroxide qui se trouvait à l'état naissant, l'eau se sera portée sur le fer et le peroxide sur l'oxide magnétique. Quand tout le fer aura été à peu près recouvert d'oxide, l'action des couples voltaïques sera devenue insensible, et l'hydrate de peroxide aura cristallisé sur le peroxide anhydre ou fer oligiste.

1066. On a remarqué que les alliages de fer et de différents métaux sont beaucoup moins oxidables que le fer ; ainsi la force de cohésion l'emporte ici sur l'action voltaïque. C'est pour cela, très-probablement , que le fer météorique, qui renferme du nickel et d'autres métaux, se

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conserve à l'air libre sans éprouver d'altération bien sensii)le. On cite cependant une masse considérable de ce fer, du poids de plusieurs centaines de ([uintaux, trouvée à Lltunipa, dans TAmérique méridionale, (|ui était oxidée dans (juelqu(\s parties. Cette masse était enfoncée, en grande partie, dans un terrain argileux. I^a surface extérieure (Uait tirs-compacte, mais en avant enlevé cpielques portions, on trouva l'intérieur rempli de cavités. Au niveau de la terre, là où il existait une humidité contiiHielle et où devaient se faire sentir davantage les influences atmosphéiiques , le fer était recouvert d'une couche d'oxide de 6 pouces d'épaisseur.

lofi'y. On a eu souvent l'occasion d'examiner les effets qu'éprouve la fonte qui reste Iongtemj)S en contact avec l'eau. On a reconiui (pie l'acide carbonique contenu dans l'eau dissout le fer et l'entraîne; la masse qui reste est de la pl()nd)agine. Aussi les pièces de canon en fonte qui séjournent longtemps dans la mer sont en grande partie converties en une masse poreuse; 1\T. r)er/eliiis raj)porte (pie les canons d'un vaisseau (pii avait coulé à fond, cinquante ans auparavant, aux environs de Clailscione, éprouvèrent ce genre de décomposition. Aussit(")t (ju'ils furent au contact de l'air, ils s'éebaiitfèrent tellement que l'eau cpii restait encore s'échappa sous forme de vapeurs et (pi il fut impossible de les toucher. Ce phénomène est du à rabsorptiou de Toxigène.

M. Ilatchette a examiné un morceau de fonte qui était resté |)longé longtemps dans l'eau de mer; sa surface était recouverte d'une incrustation d'un pouce d'épaisseur, d'une substance ayant l'apparence de la ploujbagine ; elle était cassante, grasse au toucher et laissait sur le papier une trace noire. Cette substance qui renfermait un peu de chlorure de fer était composée de

Oxide de fer 0,8 1

Plombagine o, j6

Des ancres et autres objets en fer forgé , placés dans les

CHAPITJIK IV,

U)ernes circonstances, n'étaient seulement qu'oxidés à leur surface; il est donc j)ermis de croire que le contact du fer et de la plombagine dans la fonte détermine une action voltaïque qui accélère l'aitération de celle-ci. -V 1068. En général, la fonte exposée aux influences atmosphériques s'altère suivant sa nature : la fonte blanche, qui est très-dure, aigre et cassante, est peu altérable à l'air,

La fonte grise ou noire, qui est tendre, moins aigre et plus poreuse, éprouve plus d'altération, surtout la dei'nière, à cause du graphite qu'elle renferme, lequel, dans son contact avec la fonte ou le fer, détermine des actions voltaïques.

La fonte truitée, composée des deux précédentes, offre plus de résistance et s'altère moins que la fonte noire. Ou remploie ordinairement pour canons, cylindres et laminoirs.

Les bombes et obus sont en fonte grise tendre, tandis que les boulets, ([ui doivent offrir plus de résistance, sont en fonte plus avancée, c'est-à-dire, en fonte plus blanche. Tous ces projectiles s'altèrent assez avec le temps pour causer des préjudices sensibles à l'Etat. 11 serait donc impoi'tant de trouver un moyen sinqjle et économique de gai'antir de l'oxidation les diverses espèces de fonte. Voyons les tentatives cjue l'on a faites pour cela.

l^es officiers d'artillerie chargés de la surveillance de la fabrication des projectiles et des canons ont remarqué que les fontes obtenues avec le coke pur s'altèrent plus que celles qui sont préparées au charbon, et d'autant moins que le coke renferme plus de charbon. D'où vient cette différence? Nous savons seulement que la première est plus foncée, plus douce et plus favorable à employer pour le moulage que l'autre, ce qui annonce une force de cohésion moins grande et une disposition plus marquée à s'oxider.

On a remarqué aussi, dans diverses usines, que deux fontes provenant de la même matière, mais dont l'une est coulée dans du sable et l'autre dans un moule de fonte,

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