CHAPITRE IV. B
carbonate de chaux et de carbonate de magnésie. Le carbonate de soude s'accumule graduellement jusqu'à ce que toute la surface exposée à l'air soit recouverte de ces cristaux. En plaçant le fer dans un vase, le cuivre!, formant arc avec lui dans un autre, et en plaçant un vase intermédiaire également rempli d'eau de mer, et en rapport électrique au moyen d'une mèche de coton, on trouve que l'eau du vase intermédiaire devient peii à peu moins saline, par suite de la réaction du couranfe sur les sels dissous dans l'eau.
M. Pepys a profité du principe de Davy pour garan-» tir de l'action de l'air humide des instruments en acier renfermés dans des cases doublées de zinc.
§ VI. Résultats des expériences comparatives faites sur le doublage en cuivre et en bronze des vais* seaux.
io83. Dès l'instant qu'il fut démontré que le doublage en cuivre préservé augmentait peu à peu le poids du bâtiment, de manière à retarder sa marche, on chercha à arriver au même but, tout en évitant une partie de ces inconvénients, et pour cela on prit le bronze^ composé de 94 parties de cuivre et de 6 d'étain. Les molécules de cet alliage pouvant être considérées comme autant de petits couples voltaïques, l'eau de mer tend encore à enlever l'étain; mais comme la force de cohésion est plus grande que celle du cuivre, il en résulte que, théoriquement parlant, le bronze doit être moins promptement altéré que lui par l'eau de mer. Une difficulté s'est présentée de suite quand on a voulu l'employer, c'est le laminage, en raison de sa dureté et de sa fragilité. M. Francfort est parvenu à la vaincre. Sur sa demande, le ministre de la marine française a ordonné des essais, dont nous allons rendre compte avec tous les détails que comporte l'importance du sujet.
108/î. On a appliqué, sur un coté de la carène du cutter le Renard, des feuilles numérotées de bronze,
6o RÉSULT. DES EXPÉU. COMPAR. F\1T£S SLR, ETC.
et de l'autre côté, des feuilles de cuivre rouge non préservées; les unes et les autres ont été posées sur une couche de feutre et fixées avec des clous fondus. Toutes les feuilles étaient de même dimension et avaient été pesées avec soin. La dépense des deux doublages était sensiblement la même.
Après 3 mois i3 jours d'amarrage dans le port de Cherbourg et 3 mois lo jours de navigation, MM. Bretocq , directeur des constructions navales, et Rigaud de Genouilly, ingénieur de la marine (i), procédèrent à la visite des feuilles : elles furent levées avec soin, puis nettoyées et dépouillées de la couche de sous-chlorure qui les recouvrait. Les feuilles de cuivre placées du coté de tribord avaient pcrtlii l'i'ii grammes, et celles de bâbord en bronze 'j5i seulement. Le cuivre avait donc perdu, comparativement au bronze, dans le rapport de 'j a {[ h peu près. On a remarqué que les feuilles qui présentaient des parties saillantes avaient éprouvé dans ces mêmes parties une destruction tellement prompte, qu'elles étaient souvent percées avant d'avoir perdu une partie notable de leur poids.
M. Robert, sous-ingénieur, constata, quatorze mois après, les résultats suivants (2) :
Le Renard étant rentré à Cherbourg, après une nouvelle campagne de 7 mois, la pesée des mêmes feuilles d'épreuve présenta une perte de ai5o grammes pour le cuivre et 920 poiu- le bronze, ce qui indique pour le premier une détérioration plus grande que dans le second, dans le rapport de -2,35 à 1. Pour la durée totale de l'épreuve, les pertes respectives sont de 3477 g'''"^"!" mes, d'une paît, et de l'autre 1671, nombres qui sont dans le rapport de 2,1 à i. Le bronze a donc présenté des avantages marqués.
Nous avons dit, en rapportant les expériences de Da-
(1) Annal, marit. , t. xlv, p. \l^i.
(2} Annal, marit., t. xlv, p. 143.