‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 34 sur 176 · CHAPITRE IV. 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 6l

vy, que le cuivre devenu négatif se recouvrait de carbonate de chaux et de carbonate de magnésie, de coquillages et de plantes marines, par suite de l'action du couple voltaïque sur les sels tenus en dissolution dans l'eau de mer. M. Robert fait observer à cet égard que les doublages en plomb, en alliage de plomb et d'antimoine, en zinc, présentent des effets semblables, et cependant ces métaux ne sont pas protégés; il semblerait, d'après cela , que l'adhérence des mollusques sur ces métaux est due à la couche produite par l'action de l'eau de mer, laquelle constitue alors l'élément électro-négatif. M. Ro])ert a remarqué que lorsqu'une lame de cuivre est exposée pendant longtemps à l'action de l'eau de mer, il se forme h l'extérieur du sous-chlorure de cuivre verdâtre, et au-dessous de l'oxide de cuivre, sûrement du protoxide, qui est louge-brun. Cet effet est facile à expliquer. La partie de la lame qui est en dehors de l'eau et celle qui est plongée dedans ne sont pas attaquées également; dès lors la lame forme à elle seule un couple voltaïque. La partie du métal qui est en contact avec la surface du liquide est plus attaquée; il doit donc se déposer des sels à base de cuivre qui, étant soumis à l'action voltaïfjue, sont décomposés, et la partie immergée se recouvre de protoxide de cuivre; c'est une expérience qui a été faite par M. John Davy.

11 a observé aussi que, dans les cuivres protégés, le sous-chlorure est adhérent, circonstance qui permet aux coquillages de s'y fixer.

io85. On a constaté encore, après 'y mois de navigation (i), que le cuivre avait perdu 2209 grammes et le bronze i 182, rapport 1,87.

1086. M. Robert fut chargé de nouveau , après 3 mois et demi de navigation , de faire un rapport sur l'état du doublage du même bâtiment. La partie en cuivre commençait à donner des marques de vétusté, tandis que le bronze n'offrait rien de semblable. Le cuivre avait perdu i45o granunes et le bronze 64^, rapport 2,4' qui est

(1) Annal, marit. , t. xi.v, p. aag.

6a IlÉSULT. DES EXPÉR. COMPAR. FAITES SUR, ETC.

le plus avantageux qu'on ait encore obtenu. Pour la durée totale des expériences, les 9 feuilles de cuivre avaient perdu 10, 885 grammes, celles de bronze 5,o^3; ce qui donne pour rapport moyen 2,i4.

Deux autres épreuves, sur le même bâtiment, ont conduit à peu près au même résultat.

108'^. Pendant que le gouvernement français faisait faire des essais sur le doublage en bronze, M. Brunel, en AngleteiTe, se livrait à des investigations du même genre. Voici les résultats d'une expérience comparative sur le doublage en bronze et en cuivre faite par lui sur le paquebot le Frolic. Ce paquebot a parcouru des mers chaudes dans un voyage au Brésil, dans un autre à Malte et aux colonies. Après \n mois de navigation, ce bâtiment a été inspecté le 10 novembre i832, à Plymouth, en présence du chef des contributions de ce port, de MM. Robert et Fi-aiicfort. La surface du cuivre n'c'tait pas très-propre et très-unie, celle du bronze était noire et très-rugueuse; état que Ton a attribué à des causes accidentelles. Attendu que les feuilles de bronze étaient pailleuses, les pailles en se relevant et en se détachant avaient donné au bronze un aspect sale et rugueux.

A l'égard de la déteimination de la perle du bronze et du cuivre, comme on n'avait pas préalablement pesé les feuilles appliquées au doublage du Frolic, on a été obligé d'avoir recours à 3o feuilles qui restaient en magasin ; on les a pesées avec soin et on a trouvé c) livres 3 onces 2 pour le poids moyen d'une feuille de bronze. La pesée d'un même nombre de feuilles de cuivre a donné 9 livres 5 onces 33 pour les feuilles de 3u onces au pied carré, et 8 livres 1 onces i:jij pour celles de 28 onces au pied carré.

C'est sur ces données qu'on a procédé au pesage de 19 feuilles de bronze et d'autant de feuilles de cuivi'c placées symétriquement des deux côtés du bâtiment. On a trouvé que les peites éprouvées sur les 19 feuilles de bronze et autant de feuilles de cuivre étaient dans le rapport de i à 1,75.

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