CHAPITRE V. q
deux variétés, la tourbe fibreuse composée de végétaux fibreux déteruiinables , et la tourbe limoneuse, compacte, qui ne conserve aucune trace de débris de végétaux.
1129. La tourbe des marais se trouve, comme sou nom l'indique , dans les parties basses qui ont servi de fotid d'étang ou de lac d'eau douce et est recouverte d'un mètre au plus de terre végétale : elle renferme ordinairement des substances minérales, des débris de corps organisés qui, en réagissant sur les substances environnantes, produisent des pyrites, du pbospbate de fer pulvérulent qui enveloppe quelquefois les racines ou les tiges des végétaux dont se compose ce combustible. On y rencontre aussi des couches de sable et de marne qui ont élé déposées par les alluvions, des coquilles fluviatiles dont les animaux ont été décomposés, des armes, des outils, etc.
I [3o. Les tourbes en général ne se forment qu'autant que le terrain inférieur est argileux, et que le sol a une disposition telle , que l'eau s'y renouvelle peu à peu , quoiqu'il soit constamment humide. On a remarqué que la nature calcaire, gypseuse ou argileuse des roches qui exercent une certaine influence sur la pureté de l'eau et sur les propriété de celle des végétaux, peut s'opposer à la formation de la tourbe ou la favoriser.
Les conferves , les prêles et les charras , ainsi que plusieurs graminées à tige rampante, sont les plantes qui contribuent le plus à la formation de la tourbe.
I i3i. Les marnes marines sont celles dans lesquelles on trouve des végétaux marins et des corps organisés marins. Il existe aussi des tourbes sous-marines, qui sont formées quelquefois d'une grande accumulation de végétaux ligneux, d'arbres et de plantes qui croissent dans les forêts. Elles renferment aussi des débris d'animaux terrestres.
II Sa. La tourbe pyriteuse du département de l'Aisne est remarquable sous le rapport de quelques composés qui se forment souvent en peu de temps. Des observa-
96 PUOD. QUI SE FORM. JOURNFX. DANS LES TOURB.
lions suivies ont été faites à cet égard par M. Poiret (i). Cette tourbe, qui est plus ou moins compacte, est pénétrée do sulfure de fer (jui s'enflamme spontanément à l'air et donne naissance à une grande quantit»' de sulfate de fer. Les couclies qui la composent sont régulières et horizontales et alternent avec des lits de marne et d'argile; elles reposent sur un fond marécageux et renferment un grand nombre de coquilles fluviatiles dont les analogues se retrouvent vivants dans les étangs et les rivières enviionnantes. Les couches supérieures renferment quelquefois, au lieu de tourbe, des lits entiers de charbons fossiles , quelcpiefois pyriteux. Dans celles qui recouvrent la tourbe on ti-ouve des couches alternatives de marne, de sable, d'argile et de terre végétale, un grand nombre de coquilles marines isolées, des bancs ilhuîtres, la plupart réduites en poussière et en fragments.
T 1 33. Dans cette tourbe on trouve confondus ensemble des bois fossiles, des troncs entiers d'arbres quelquefois pyriteux à l'endroit des nœuds , des bois pétrifiés, beaucoup de pyi'ites, du succin de diverses couPeurs, des os fossiles, des cristaux de quartz, des roches calcaires, diverses substances minérales, des ocres, du cuivre, du zinc pi-obablement à l'état de sulfures, du sulfate de soude, de l'alun, des cristaux de gypse, qui acquièrent un volume assez considérable dès l'instant que les marnes qui les renferment sont exposées au contact de l'air. Elles sont ordinairement noirâtres, sulfureuses et un peu humides. Voilà un grand nombre de formations modernes qui doivent attirer l'attention de l'électro-chimiste.
On conçoit parfaitement qu'il a dû s'opérer une foule de réactions dans un tel agglomérat de substances diverses. Considérons d'abord les substances végétales :
I i34. Les plantes réunies en tas à l'air libre éprouvent, par l'effet de l'eau, de l'air et de la chaleur, une
i) Jouru. de Pliys., t. li, p. 362.