‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 2)Chapitre 80 sur 176 · DESCRIPTION DES PRINCIPAUX PHÉXOMÈNES GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES PRINCIPAUX PHÉXOMÈNES GÉOLOGIQUES

§ l^"^. Considérations générales.

1194. Avant de chercher à reconnaître si les phénomènes géolog'ujues sont influencés par l'électricité, il faut s'assurer s'il existe ou non des courants électriques dans le globe, que l'on puisse reconnaitre à l'aide de nos appareils.

M. Ampère, dont les idées grandes et neuves en philosophie devançaient queic[uefois l'expérience, a admis^ pour expliquer l'action de la terre sur l'aiguille aimantée, qu'il devait exister des courants électriques disséminés dans la croûte du globe, et diiigés de l'est à l'ouest. Les phénomènes d'induction découverts par M. Faraday ont contribué à doinier de la vi-aisemblance à cette hypothèse, mais il faut encore de nouveaux faits pour l'admettre définitivement.

La question de l'existence des courants dans le globe étant de la plus haute importance pour l'explication d'un

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grand nombre rie phénomènes naturels, nous allons essayer de la traiter aussi complètement que le permet l'état actuel de la science. Le moyen le plus direct pour y parvenir, est de faire connaître toutes les causes qui peuvent donner lieu à un dégagement d'électricité dans l'intérieur du globe; mais il faut pour cela prendi-e la terre à son origine et suivre, pour ainsi dire pas à pas, les changements qu'elle a éprouvés depuis son origine jusqu'à nos jours, sans cependant entrer dans des détails qui nous éloigneraient trop du but que nous nous proposons. Nous présenterons d'abord les faits, puis les hypothèses que l'on a imaginées poui' les expliquer; nous en discuterons le mérite, et nous aborderons ensuite la question des courants électriques terrestres.

§ IL Effets généraux observés à la surface du globe.

1 195. Lorsqu'un voyageur parcourt un pays de plaines, il rencontre fréquemment sous le sol des dépots en couches horizontales de substances renfermant des débris de corps organisés, qui sont souvent dans un état parfait de conservation, tels que des coquilles pourvues encore de leui-s tests, de leurs pointes et de leurs contours les plus déhcats. Il admet sur-le-champ que ces dépôts ont été formés par des eaux qui ont séjourné longtemps dans ces localités. Mais s'il se transporte sur les hautes montagnes ou dans les vallées, la scène change : il voit de tous côtés des monceaux de l'uines qui lui annoncent que des révolutions et des catastrophes violentes ont bouleversé la surface du globe dans plusieurs parties. Ces dépôts qui se trouvaient dans les plaines en couches horizontales, sont ici relevés , et d'autant plus qu'ils sont rapprochés davantage des hautes chaînes. I^eur inclinaison est la même, mais en sens inverse sur les revers opposés. Ces faits lui annoncent donc qu'une cause intérieure a soulevé la surface du globe, l'a déchirée et a produit ces montagnes qui la sillonnent dans tous les sens. Son étonnement redouble encore quand

I 5o EFFETS GÉN. OBSERVÉS A LA. SURF. DU GLOBE.

il reconnaît que ces monceaux de ruines, ces dépôts, en couches souvent presque verticales, sont recouverts qiu'Icpiefois (faiitres depiUs formés par des eaux tranquilles, et (pli se trouvent par lonsécpient dans une position lîoiizoïitale ; dès lors il reste convaincu (pie le globe a épiouvé des alternatives de trouble et île calme pendant lesquelles la nature a agi d'abord avec violence, ensuite avec beaucoup de lenteur.

1196. Les géologues, d'après les observations de de Saussure sur les pouddings de la Valorsnie, croient généralement cpie les terrains de sédiment, dont les couches sont plus ou moins inclinées à l'horizon, ont été déplacés, soulevés par une cause violente venue de l'intérieur de la terre, qui a agi après leur formation et a donné aux diverses aspérités du globe des caractères particuliers.

Ces causes n'ayant pas agi aux mêmes époques, il en est résulté plusieurs classes de montagnes, (|ui se distinguent entre elles par la direction (ju'elles affectent.

C'est ainsi (|ue M. Léopold de Buch a montré que le sol de l'Allemagne pouvait se diviser en quatre classes ou systèmes. Mais il restait à déterminer 1 âge relatif des montagnes, c'est-à-dire la classification par époque des soulèvements successifs (]ul ont doiuié à la surface terrestre sa configuration actuelle. Cet important travail a été exécuté par M. Elie de Beaumont de la manière la plus remartpiable.

I \()']. Les gneiss, les granités, etc. , sont les terrains qui paraissent les plus anciennement formés. Ce sont ces formations qui, par l'effet des soidèvements ou des rid(>menls, pour nous conibrmer aux idées île M. Elie de Beaumont, traversent les teiiains de nouvelle foi'mation et apparaissent au-dessus sous la forme de pies ou d'aiguilles. Ces giandes masses de roches, qui forment en quelque sorte la charpente de l'écorce de uoti'e globe, proviennent-elles d'une dissolution acpieuse ou d'une dissolution ignée? Ces deux opinions ont partagé longtemps les géologues en deux classes , les neptuniens et les

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