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plutonniens; mais aujourd'hui il est généralement reconnu qu'à l'époque où elles ont été formées, la température du globe était tellement élevée, que la chaleur a dû agir seule. Ainsi donc le feu a exercé toute son action dans les premiers temps , lorsque l'enveloppe solide avait encore peu d'épaisseur et possédait une température considérable; et l'eau, quand cette température a été suffisamment abaissée pour qu'elle pût se maintenir à la surface du globe à l'état liquide. Quelques granités et des gneiss ne sont peut-être que des agglomérats dont les parties constituantes ont été d'abord fondues, puis réunies ensuite par l'eau. A cette première époque, les corps organisés n'avaient pas encore paru sur lo globe, la nature inorganique y régnait seule.
§ III. Des phénomènes volcaniques.
1198. Il n'a été question encore que de faits bien constatés, sur lesquels tous les géologues sont d'accord; continuons à suivre la même marche avant de présenter des conjectures. Parlons des phénomènes volcaniques qui viennent nous révéler ce qui se passe dans l'intérieur de la terre.
Eu reconnaissant une origine ignée à la terre, nous admettons que la chaleur a dû exercer une grande influence sur les phénomènes qui se sont passés dans les premiers âges du monde. Les éruptions volcaniques, qui étaient alors très-fréquentes , soulevaient les montagnes et bouleversaient la surface terrestre ; aujourd'hui , la croûte aj'ant acquis une certaine épaisseur, oppose une grande résistance à l'action des feux souterrains qui né nous donnent plus qu'une faible idée de leur puissante énergie dans les premiers temps Nous allons maintenant exposer leurs effets actuels, afin de pouvoir remonter à ce qui se passait alors.
Un bruit souterrain , semblable à celui du canon ou à un fracas de voiture roulant sur le pavé , des tremblements de terre, et assez fréquemment des changements
l'JÀ OhS PIIKNOMKNES VOLCANIQUKS.
dans IV'lat (le la It'inpéiature, tels sont les signes avantcoureurs cruiie éruption volcanitjue. Cette éruption commence ordinairement par une colonne de fumée épaisse, qui s'élève à une hauteur prodigieuse et finit, quand elle n'a plus de vitesse de projection , par se refouler sur. elle-même, de manière à former une série de sphères de vapeurs aqueuses qui, se condensant par le froid des régions supérieures, retombent en pluies abondantes, accompagnées de tonnerres effroyables. Du milieu de cette colonne s'élève une gerbe de feu , visible seulement à sa partie supérieure. Cet ensemble de funiée et de flammes, sillotuiées dans tous les sens par la foudre, forme le tableau le plus imposant que la nature puisse nous offrir. Bientôt après, il sort du cratère, avec une vitesse excessive, des pierres incandescentes et une quantité incroyable de cendres d'une si grande ténuité qu'elles peuvent être transportées par le vent à des distances considérables. Ces cendres ne retombent pas toujours sèches sur le sol, car elles sont fréquemment pénétrées de vapeurs a(|ueuses; des laves en ignition et des produits boueu.v arrivent ensuite. Ces laves proviennent de substances liquéfiées dans les foyers du volcan , et sont lancées eu dehors par la force expansive des fluides élastiques qui se dégagent dans les mêmes foyers; leur surface est agitée par de forts bouillonnements d'où s'échappent du gaz et de la fumée bleuâtre, formée de sel mariti ou d'autres substances. Ces laves, en sortant par les bords du cratère, suivent les diiections les plus favorables (jue le terrain leiu' présente. Au contact de l'air, leur surface, en se refroidissant, se solidifie, et la lave continue à couler dessous jusqu'à ce qu'il se présente un obstacle; alors elle s'y arrête, s'y amoncelle, finit par monter sur la partie solidifiée et continue son cours commeauparavant,jusqu'à cequ'ellesoitarrètée par un nouvel obstacle. 11 arrive souvent que la lave, s'accumulant dans certains endroits, conserve la chaleur si longtemps, en raison de la mauvaise conductibilité des éléments qui la composent, que Dolomieu assure l'avoir
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trouvée sensible au Vésuve dans un amas formé depuis dix ans. La surface des laves est ordinairement scorifîée et criblée de petites ouvertures par lesquelles se sont échappés les gaz renfermés dans l'intérieur.
Outre les phénomènes dont on vient de parler, il existe encore dans certains volcans des éruptions boueuses auxquelles sont dus les courants de même nature qui suivent diverses directions sur les flancs des montagnes, comme les laves incandescentes. L'existence de ces éruptions a été constatée par M. de Humboldt dans les volcans en activité du nouveau monde. La remar(]ue faite par ce célèbre voyageur d'une quantité innombrable de petits poissons rejetés dans l'éruption d'un volcan du Mexique, ne laisse aucun doute h cet égard; car si la lave eût été primitivement à l'état d'incandescence, il ne serait resté aucun vestige de la matière animale. Ces poissons étaient en si grand nombre que leur putréfaction répandit dans l'air une odeur infecte qui occasionna des maladies épidémiques. La lave qui renfermait les détritus de ces poissons s'est changée en une espèce de porphyre que les naturels du pays exploitent pour s'en servir comme de combustible. Il existe une différence bien mar-(juée entre les terrains volcaniques de l'ancien monde et ceux du nouveau. Les premiers ont la forme d'un pain de sucre, et la matière est continuellement rejetée de manière à l'augmenter en hauteur; dans les terrains volcaniques du nouveau monde, il y a quelquefois soulèvement de terrain, et les éruptions se font par des cheminées dans l'axe du cône soulevé. De plus, les volcans de notre continent sont toujours dans des pays de montagnes, à peu de distance de la mer, tandis que ceux de l'Amérique sont situés assez loin des côtes et sur des plateaux assez élevés pour que les laves ne puissent s'épancher à leur surface.
Les éruptions d'un même volcan ont souvent lieu à des époques éloignées; on a remarqué qu'elles sont d'autant plus rares que les montagnes volcaniques sont plus élevées.
l54 DES PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES.
Les volcans qui s'éteignent se changent souvent en soufrières, ou montagnes cjin dégagent du soufre, connue la Solfatare près de Pouzzole. Vers la fin des éruptions, il s'élève de la terre des miasmes infects qui luiisent à la santé des hommes et des aniu)aux.
I^es phénomènes volcaniques déterminent souvent des changements dans la forme du sol; des parties de la surface s'élèvent suhitement. Souvent il se forme à la surface de la terre des fentes et des crevasses j)ar lesquelles les forces volcaniques manifestent leur activité.
Des sources d'eaux acidulées sourdent quelquefois. D'autres sources, déjà existantes, éprouvent des changements remarquahles.
Les masses de rochers que lancent les volcans sont ou des pierres volcaniciues, des ponces, des scories, des fragments de laves, des masses vitrifiées, des cristaux amoncelés, des brèches, etc. Ces masses sont projetées quel([uefois à tles hauteurs considérables. Le Cotopaxi a lancé, en i533, des rochers de trois à quatre mèties de diamètre.
IjC Vésuve lance parfois du granité, du mica-scliiste et autres substances ([ui , n'ayant pas été altérées par le feu, font connaître la nature des terrains que traversent les matières volcani(|ues; les gaz qui se dégagent de ce volcan sont les acides sulfureux et hydro-chlorique, queUjuefois l'acide carbonique et rarement l'azote. Le sel marin , le sel ammoniac, les chlorures de cuivre, de fer, l'acide bori({ue, le soufie, le sulfure d'arsenic, se subliment dans les fissures des roches et sur les parois du cratère.
iiqc). Les volcans du nouveau njonde ne dégagent pas les mêmes gaz (jue le Vésuve. ]\L lîoussingault, qui. a examiné la nature des fluides élastiques qui se dégagentiides volcans situés entre le 5*^ degré de latitude nord et la ligne écpiinoxiale, a reconiui que le volcan du Talima fournit de la va|)eur d'eau, tlu gaz acide carbonicjue et du gaz acide hydro-sulfurique, ainsi que les volcans de Puracé, de Pastoé et de ïuquères. Le volcan de Corn-