CHAPITRE PREMIER. 1 B'J
liquide, ont dû se répéter chaque fois qu'il s'en formait de nouvelles capables de réagir chimiquement sur les parties constituantes de la couche formée antérieurement.
Il a pu se faire que deux couches contiguës n'exerçassent aucune action l'une sur l'autre, mais que celle qui était placée au-dessus, en pénétrant par des fissures, arrivât jusqu'à une couche attaquable. Dans ce cas, il a dû résulter des explosions capables de soulever les croûtes déjà formées. Voilà comme on peut expliquer les révolutions qui ont changé, à diverses époques, la configuration du globe. D'après cette manière de voir, la température de la terre, au lieu de se refroidir graduellement, aura dû s'élever d'une manière brusque, toutes les fois que les réactions chimiques dont on vient de parler se seront produites. Il sera arrivé un point où il n'y aura plus eu que l'eau qui aura réagi chimiquement.
Ampère regarde la présence de la grande quantité d'azote qui se trouve dans l'atmosphère comme une preuve des bouleversements qu'a produits sur le globe la décomposition des corps oxigénés par les métaux. Il pense que cet azote a dû être combiné dans l'origine avec l'oxigène, de manière à produire de l'acide nitreux et de l'acide nitrique. Tout l'oxigène de ces acides aura servi à former la silice, l'alumine, la chaux, etc. L'oxigène qui reste dans ratmosj)[ière est précisément celui qui n'est pas entré en combinaison. Il est bien certain que lorsque l'acide nitrique a réagi sur les métaux, il s'est formé bientôt une couche oxidée avec un dégagement considérable de chaleur qui a dû volatiliser une portion des liquides déjà produits. Le refroidissement continuant, il se sera formé un vaste océan d'acide nitrique qui n'aura pas attaqué la couche oxidée; la quantité d'acide augmentant chaque jour, il aura pénétré par des fissures dans l'intérieur, et il en sera résulté des actions violentes qui auront fait voler la croûte en éclats.
Tous ces phénomènes auront diminué d'intensité à mesure que la croûte aura pris plus d'épaisseur ; mais
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aussi plus les calaclysnies devenaient rares, plus ils étaient violents. On conçoit alors (|ue la terre a dû se.liérissertle tnonlaj^ncs provenant des éclalsde lacroûte soulevée suivant diverses inclinaisons. 11 seraai-rivé un instant où la terre n'aura plus été entourée (jue d'inie atmosphère formée de lluides élastiques permanents dans des proportions fort différentes: par exemple, dans ces pi'eniiers tenjps, connue portent à le croiie les observations de M. Ad. Brongniart, l'atmosphèie renfermait une plus grande quantité d'acide cail)oni((ue qu'elle n'en contient aujourd'hui. Cette atmosphère était impropre à la respiration, mais devait contribuer puissamment à la végétation, qui trouvait dans l'air une plus grande (piantité de carbone qu'il ne peut lui en fournir aujourd'hui. Cette puissance de la végétation était favorisée par un plus haut degré de température.
Voilà comme on peut concevoir l'apparition des végétaux gigantesques avant celle des animaux.
On voit parfaitement que toutes les fois qu'il y avait un grand cataclysme, la température tlu globe s'élevait considérablement et devait empêcher le développement de tout corps organisé, jusqu'à ce que la température fût abaissée; c'est ce que prouve effectivement l'existence de couches exemptes de corps organisés entre des couches qui nous offrent des débris nombreux de ces corps.
C'est à cette époque que les débris des forêts, en S9 décomposant, auront donné naissance aux grands amas, de houille.
Aujourd'hui (|ue la croûte d'oxide qui nous sépare dii; noyau non oxidé a une grande épaisseur, les bouleversements sont devenus très-rares ; la résistance qu'elle opposô est telle que lorsqu'il y a une fissure, l'explosion se fait isolément. Ces effets ne s'étendent point à toute la terre; quoique le choc se propage à de grandes dislances, il ne s'opère que des déjections partielles.
L'existence d'une couche non oxidée, signalée par Davy et admise par Ampère, permet d'expliquer les volcans, sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'hypo»