‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 243 sur 397 · DE L'INTENSITÉ MAGNETIQUE DU GLOBE EX DIVERS POINTS DE SA SURFACE · texte numérisé non relu

DE L'INTENSITÉ MAGNETIQUE DU GLOBE EX DIVERS POINTS DE SA SURFACE

L'intensité magnétique du globe a été l'objet de recherches de la part de Grahain , le premier observateur auquel nous devions la découverte des variations diurnes de l'aiguille aimantée ; Muschenbrock, en 1G20, et Lemonnier, en 1776, puis Saussure et Borda, se sont occupés également de cette question. Ce dernier a même donné une méthode d'approximation pour la résoudre avec plus d'exactitude qu'on ne l'avait fait avant lui; mais c'est en France où l'on a eu, pour la première fois, l'idée de déterminer, par l'observation, l'intensité des forces magnétiques du globe en différents points de sa surface.

Les membres de l'Académie des sciences, chargés de rédiger des instructions pour l'expédition delà Pérouse, recommandèrent d'observer la durée d'oscillation d'une aiguille d'inclinaison à des stations très-éloignées , afin d'en déduire des différences entre les intensités des forces magnétiques correspondantes à ces stations.

Les observations recueillies à cet égard ont été perdues avec l'infortuné la Pérouse. Mais les instructions ont survécu et ont été mises à profit par M. de Rossel , qui accompagnait d'Entrecasteaux dans son voyage à la recherche de l'intrépide navigateur.

Les observations de M. de Rossel ont été faites de 1 79 1 à 1794? avec une aiguille d'inclinaison dont la force

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avait été essayée avant le départ de l'expédition ; niais rien ne prouve qu'à son retour on ait cherché à s'assurer si elle n'avait rien perdu de son magnétisme, en sorte que l'on ne peut en déduire de résultats définitifs qu'en s'appuyant sur de nouvelles observations. Néanmoins, l'accroissement de l'intensité, en partant de l'équateur et se dirigeant vers l'un des deux pôles, est ressorti des observations faites, en 1792 et 1793, à la terre de "Van-Diémcn et à Amboine, car M. de Rossel s'est assuré que l'aiguille, entre ces deux points, n'avait pas subi de changement; c'est cet accroissement, dont je donnerai plus loin la valeur, qui a servi de point de départ pour montrer que l'intensité magnétique^ n'est pas la même en divers points du globe. Les observations deM.de liossel n'ont été publiées qu'en 1808, après que M. de Humboldt eût fait les siennes, dans son célèbre voyage en Amérique, de 1798 à i8o3 (A).

Il restait néanmoins encore des doutes sur le fait fondamental découvert par M. de Rossel; mais M. de Humboldt les a levés tous en prouvant, par de nombreuses observations faites avec le plus grand soin,

(A) J'apprends, au moment de mettre sous presse, que les observations magnétiques faites par Paul de Lamanon, durant le voyage de la Pérouse, étaient parvenues à l'Académie des sciences en juillet 1787. M. le capitaine Duperrey possède la copie d'une lettre de Paul de Lamanon , adressée à M. le marquis de Condorcet, dans laquelle se trouvent consignés les principaux résultats des observations faites depuis le départ de Brest jusqu'en janvier 1787, époque du séjour de l'expédition à Macao. Il est d'autant plus à regretter, dit M. Duperrey, que cette lettre n'ait point été insérée dans le Voyage de la Pérouse, qu'elle constate d'une manière positive plusieurs faits importants déduits de l'expérience, et parmi lesquels on remarque les suivants :

i° Que la force attractive de l'aimant est moindre dans les tropiques qu'en avançant vers les pôles ;

2° Que l'intensité magnétique, déduite du nombre des oscillations de l'aiguille de la boussole d'inclinaison, change et augmente avec la latitude.

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