CHAPITRE IT. 38g
sure qu'elle ne pouvait être la conséquence d'aucune des anomalies que l'on remarque dans l'ensemble des observations, soit de la direction, soit de l'intensité des forces magnétiques. Il est inutile, poursuit M. Duperrey, de recourir à plusieurs pôles magnétiques de la surface de la terre, comme à plus de deux centres d'action dans l'intérieur de sa masse, pour se rendre raison de la position respective des lignes d'égale déclinaison , d'égale inclinaison, d'égale intensité, comme aussi des méridiens et des parallèles magnétiques. Il suffit d'examiner d'abord quelle est la véritable condition de ces différentes courbes sur un corps magnétique de forme spbérique, et de faire varier ensuite à volonté, soit l'un des pôles magnétiques de la surface, soit la position des centres d'action, pour résoudre immédiatement une foule de questions (pie les théories du magnétisme terrestre ont laissées jusqu'à ce jour sans solution définitive.
Selon M. Duperrey, les lignes d'égale inclinaison ont, comme les lignes d'égale déclinaison, l'inconvénient de ne pas être l'expression d'un fait uniquement Dépendant de l'action du magnétisme. Cbaque inclinaison est la mesure de l'angle que fait l'aiguille avec le plan de l'borizon, ou, si l'on veut, avec la verticale du lieu de l'observation. Si la ligne d'égale inclinaison était un cercle parfait de la sphère, les verticales de tous les points de ce cercle auraient, dans la direction des plans des méridiens magnétiques , une direction qui leur serait commune, en sorte que toutes les aiguilles suspendues le long de ce cercle, suivraient elles-mêmes une même direction. Mais, dit M. Duperrey, du moment où. la ligne d'égale inclinaison se présente sous la forme d'une courbe à double courbure, les inclinaisons n'étant plus comptées à partir d'une direction unique des verticales, expriment deux faits à la fois; l'un, qui dépend uniquement de l'action du magnétisme, l'autre de la direction particulière que suit cbaque verticale; et l'on conçoit alors que la relation que nous établissons par nos courbes, entre les valeurs égales de l'inclinaison, n'a plus
3gO DE l'kQUAT. MiGKl-T. , OU LIGNE SANS I1YCLIN.
de rapport avec la relation que les directions des aiguilles ont entre elles.
Cette appréciation des lignes d'égale inclinaison s'applique aussi à l'équateur magnétique dont nous allons parler.
§ Fr. De l'équateur magnétique , ou ligne sans inclinaison.
Parmi les lignes d'égale inclinaison, il en est une dont les physiciens se sont plus particulièrement occupés; nous voulons parler de la ligne sans inclinaison, à laquelle on a donné le nom d'équateur magnétique. Wilcke en a donné une figure en [768. MM. Hansteen et Moriet l'ont reproduite à des époques beaucoup plus récentes, en se fondant sur les nombreuses observations qu'ils ont puisées dans les voyages de Cook , d'Eckberg , de Panton, de LaPérouse, etc. L'on doit à M. Moriet un moyen facile de faire concourir à la détermination de celte courbe les observations voisines des lieux qu'elle parcourt. On sait que M. Biot, résumant toutes les actions australes et boréales de magnétisme terrestre , en deux ceutres d'action, qu'il place à une très-petite distance du centre du globe, est arrivé à une formule à l'aide de laquelle on obtiendrait la latitude magnétique d'un point de la surface de la terre, en fonction de l'inclinaison de l'aiguille observée en ce point, si la terre était parfaitement homogène. Cette formule, que MM. Bodwich, Malweide et Kraft ont transformée en celle-ci, qui est d'une
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simplicité remarquable : tan g. \ ■=. — - — -, est celle dont
M. Moriet a fait usage, après avoir reconnu, par de nombreux essais, qu'elle pouvait toujours être appliquée aux inclinaisons qui ne dépassent pas 3o°, et après s'être assuré que la latitude magnétique \ du lieu de l'observation devait être comptée sur le méridien magnétique, et non pas sur le méridien terrestre du lieu dont il s'agit.