‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 330 sur 397 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

|Ste-Hélène, quelque point sur la eôte orientale de l'Anérique du Sud, et Québec. Déjà dans le siècle passé, en 1794 et 1796, un voyageur anglais, M. Macdonald, avait fait des observations nouvelles et importantes sur la marche diurne de l'aiguille à Sumatra et à Ste-Hé- [lène; observations qui ont été confirmées et étendues [sur une grande échelle dans les expéditions scientifiques [des capitaines Freycinet et Duperrey , l'un commandant 5(1817 — 1820) la corvette VUranie ; l'autre, qui a coupé ;six fois l'équateur magnétique, commandant (182a — [1820) la corvette la Coquille. Pour avancer- rapidement la théorie des phénomènes i\u magnétisme terrestre, ou [du moins pour établir avec plus de précision des lois empiriques, il faudrait à la fois prolonger et varier les ignés d'observations correspondantes, distinguer dans [les observations de variations horaires ce qui est dû à l'influence des saisons, au temps serein et au temps coujvert et de pluies abondantes, aux heures du jour et de la nuit, au temps vrai de chaque lieu, c'est-à-dire, à i l'influence du soleil, d'avec ce qui est isochrone sous des ■méridiens différents: il faudrait réunir à ces observations de déclinaison horaire celles de la marche annuelle 1 de la déclinaison. absolue, de {'inclinaison <lc l'aiguille et de Vintensité des forces magnétiques, dont l'accroissement depuis l'équateur magnétique aux pôles est inégal dans l'hémisphère occidental américain et dans l'hémisphère oriental asiatique. Toutes ces données, bases indispensables d'une théorie future, ne peuvent acquérir de l'importance et de la certitude que par le moyen d'établissements qui restent permanents pendant un grand nombre d'années, observatoires de physique dans lesquels on répète la recherche des éléments numériques à des intervalles de temps convenus et par des instruments semblables. Les voyageurs qui traversent un Pays dans une seule direction et à une seule époque, ne font que préparer un travail qui doit embrasser le tracé complet des lignes sans déclinaison à des intervalles également espacés, le déplacement progressif des nœuds

ou points d'intersection des équateurs magnétique et terrestre, les changements de forme dans les lignes isogones et isodynamiques, l'influence qu'exercent indubit blement la configuration et l'articulation des eontinei sur la marche lente ou accélérée de ces courbes. H reux si les essais isolés des voyageurs, dont il m'app tient de plaider la cause, ont contribué à vivifier genre de recherches qui est l'ouvrage des siècles, et exige à la fois le concours de beaucoup d'observateurs distribués d'après un plan mûrement discuté, et une direction qui émane de plusieurs grands centres scientifiques de l'Europe. Cette direction ne se renfermera pas et pour toujours dans le cercle étroit des mêmes instructions ; elle saura les varier librement d'après l'état progressif des connaissances physiques et les perfectionnements apportés aux instruments et aux méthodes d'observation.

En suppliant Votre Altesse royale de daigner communiquer cette lettre à la Société royale qu'elle préside, il ne m'appartient aucunement d'examiner quelles sont les stations magnétiques qui méritent la préférence pour le moment , et que les circonstances locales permettent d'établir. Il me suffit d'avoir réclamé le concours de la Société royale de Londres pour donner une nouvelle vie à une entreprise utile -et dont je m'occupe depuis up grand nombre d'années. J'ose simplement hasarder le vœu que dans le cas où ma proposition serait accueillie avec indulgence, la Société royale voulût bien entrer directement en communication avec la Société royale de Gœttingue , l'Institut royal de France et l'Académie impériale de Russie, pour adopter les mesures les plus propres à combiner ce que l'on projette d'établir avec ce qui existe déjà sur une étendue de surface assez considérable. Peut-être voudra-t-on aussi se concerter d'avance sur la publication des observations partielles et ( si le calcul n'exige pas trop de temps et ne retarde pas trop les communications) sur la publication des résultats moyens. C'est un des heureux effets de la civilisa-

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