CHAPITRE V
s'agit de la poursuivre, autant que les vents le permettent, dans toute son étendue. Je devrais hésiter, M. le comte, à faire mention du prolongement le plus boréal de la ligne atlantique, à travers le Canada et la baie d'Hudson , mais je dois considérer la surface du globe dans un ensemble, et fixer l'attention des navigateurs sur les changements qui peuvent être survenus dans les dernières années.
«La mer du Sud, si l'on en excepte les côtes du Japon, n'a de nos jours pas de variation zéro. Le nœud circulaire qui renferme l'archipel des Marquezas, pris du minimum des variations orientales (5°), mérite de nouvelles investigations, dont pourrait se charger le bâtiment qui suivrait l'équateur magnétique du Pérou vers l'Inde. La forme de ce nœud circulaire, c'est-à-dire, l'espacement variable des courbes isogones qui le constituent, et le déplacement progressif du nœud entier, sont des phénomènes également remarquables, et qui contrastent avec le grand nœud circulaire de l'Asie orientale, auquel, selon le Mémoire de M. Gauss, appartient la courbe de déclinaison zéro des mers du Japon et de la Chine
Je supplie Votre Excellence de jeter les yeux sur quelques additions aux instructions scientifiques que j'ose lui adresser. C'est presque être présomptueux que de vouloir ajouter à un excellent travail, rédigé en partie par sir J. Herschel. J'ai cédé aux instances amicales de MM. Sabine et Lloyd , etc.
« Dans les additions aux instructions scientifiques précédentes, j'ai cru ne devoir prendre que celles qui concernent le magnétisme terrestre.
« J'ai rappelé, dans ma lettre à M. le comte de Minlo, ce qui est relatif à la forme et aux directions actuelles de l'équateur magnétique (courbe d'inclinaison zéro) et des lignes sans déclinaison. Je n'ajoute ici que le désir que l'on puisse observer, en outre des époques prescrites par M. Gauss, aux époques astronomiquement importantes des solstices et des équinoxes, comme je l'ai fait
conjointement avec M. Oltmanns en 1806 et 1807, pendant cinq et six jours et autant de nuits; à cause de la plus grande précision des instruments actuels , vingtquatre ou trente-six heures suffiraient. Je signale aussi les points suivants :
« Examiner les influences lunaires d'après les indications de M. Kreil, astronome de Milan, aujourd'hui à Prague; faire attention aux orages, aux grandes chutes de grêle ou de neige , aux jours couverts ou sereins; voir si des changements atmosphériques modifient les phénomènes magnétiques d'une manière sensible et stable ; examiner si sur mer ou sur les glaces polaires, on remarque quelque influence de la constitution minéralogique du fond; si des perturbations locales se font sentir sur mer, là où l'on peut supposer que les eaux ne sont pas très- profondes. L'intensité des forces se trouvait diminuée à la hauteur que M. Gay-Lussac a atteinte en ballon; on reconnaît cette diminution, lorsqu'on corrige les observations de ce savant par la température des couches d'air qu'il a parcourues. La position dans un vaisseau à la surface des mers est une position semblable ; moins par rapport à la surface moyenne de la terre, que par rapport à l'indépendance relative aux attractions locales. Les observations faites sur de hautes montagnes, au-dessus de 2 5oo toises (observations d'inclinaison et d'intensité recueillies soit par moi, soit tout récemment par d'autres voyageurs), donnent des résultats peu concordants, à cause des perturbations dues aux couches soulevées de la croûte terrestre. Ces considérations sur le décroissement très -lent des forces magnétiques, dans le l'apport hygrométrique , et sur la petitesse de la profondeur moyenne de l'océan, méritent l'attention des physiciens. Même sur le sol volcanique de Rome , nous n'avons pas trouvé , M. Gay-Lussac et moi, de différence sensible dans l'intensité de la force horizontale au Monte Pincio , à la villa Borghèse et à Tivoli. Ces expériences seront très-aisées à répéter sur la glace, où l'on peut s'éloigner à de grandes distances du navire, et où les