‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 363 sur 397 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

magnétisme terrestre, il ne pouvait assigner d'avance, jusqu'à un certain degré d'approximation, le véritable état des forces magnétiques en un point du globe à une époque quelconque.

M. Gauss, avant d'exposer sa théorie, passe en revue celles qui ont été émises par ses prédécesseurs; en particulier, celle de M. Biot que j'ai fait connaître précédemment. Suivant lui, on doit renoncer à la pensée de représenter l'effet magnétique du globe terrestre par l'action d'un ou de deux aimants infiniment petits; et recourir à un plus grand nombre d'aimants, serait se jeter dans des calculs interminables. Pour parer à cet inconvénient qui est très-grave (l'admission de plusieurs aimants), M. Gauss a voulu donner une théorie du magnétisme terrestre indépendante de toute hypothèse sur la distribution du fluide magnétique dans l'intérieur de la terre. Les premiers résultats qu'il en a déduits, et que je vais donner, sont considérés par lui comme incomplets, et comme devant servir seulement à donner une idée de ceux que l'on pourra obtenir quand sa méthode analytique aura acquis toute la perfection désirable, par la comparaison d'un grand nombre d'observations faites avec soin.

Supposons que la cause qui agit sur l'aiguille aimantée, quelle qu'elle soit, ait son siège dans le sein de la terre, la force magnétique terrestre sera celle qui, en chaque lieu , dirige une aiguille suspendue par son centre de gravité et soustraite à L'influence de toute action étrangère, magnétique ou éleetro - magnétique. Quant aux variations diurnes, régulières ou irrégulieres, auxquelles cette aiguille est soumise, M. Gauss pense, comme beaucoup de physiciens, que cette cause est étrangère au globe terrestre. Ces variations sont, en tout cas, très-faibles , comparées à la force magnétique elle-même. Il en résulte que celle dernière force est réellement une action exercée par le globe terrestre; d'après cela, quand il s'agira dévaluer cette force, il ne faudra employer évidemment que des moyennes prises entre des

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observations très-nombreuses, afin de les rendre indépendantes des anomalies et des perturbations particulières. On conçoit, en effet, que si l'on ne suivait pas cette marche, les faits présenteraient une différence entre le calcul et l'observation.

Les recherches analytiques de M. Gauss reposent sur cette hypothèse fondamentale, que l'action magnétique du globe est la résultante des actions de toutes les parties magnétiques renfermées dans sa masse; qu'un aimant naturel est un corps dans lequel les deux fluides sont séparés ; que les attractions et les répulsions magnétiques s'exercent en raison inverse du carré de la distance. On arriverait aux mêmes résultats analytiques, si l'on substituait à cette hypothèse celle de M. Ampère, qui consiste à regarder les forces magnétiques existantes dans un aimant , comme dues à des courants électriques, circulant autour des molécules, dans des plans perpendiculaires à l'axe de ces aimants. On pourrait même, si l'on voulait, adopter une hypothèse mixte, et considérer les forces magnétiques terrestres comme produites en partie par la séparation des fluides magnétiques, en partie par des courants, attendu qu'il est toujours possible de substituer à un courant donné une certaine quantité de fluides séparés , distribués sur une surface déterminée, et qui produisent sur tous les points environnants le même effet que ce courant aurait pu faire naître.

Je vais exposer maintenant la théorie mathématique de M. Gauss , en raison de l'importance dont elle peut être pour la théorie du magnétisme terrestre, et en entrant dans des détails de calcul indispensables à ceux qui en voudront faire l'application; car mon but n'est pas seulement de faire connaître la méthode, "mais de mettre le lecteur à même de l'appliquer.

Quand il s'agit de mesurer l'intensité du fluide magnétique , nous prenons pour unité la quantité de fluide nord ou positif qui exerce une attraction égale à l'unité sur l'unité de fluide sud ou négatif placée à l'u-

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