‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturels (volume 3)Chapitre 385 sur 397 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

« Concevez maintenant, dit M. Barlow, le globe placé « de manière à porter Londres sous le zénith; alors les « deux extrémités du fil conducteur étant mises en rela- « tion avec les pôles d'une forte batterie, on verra hn- « médiatement que l'extrémité nord de l'aiguille, qui était « auparavant indifférente à toute direction, sera abais- « sée d'environ 700, autant que l'œil peut en juger; ce « qui est précisément l'inclinaison actuelle de Londres; « elle se dirigera aussi vers les pôles magnétiques de ce « globe, en indiquant une déclinaison d'environ il\ à 1B0 « à l'O. , comme c'est pareillement le cas à Londres. Si « ensuite vous tournez le globe sur son support, de ma- « Bière à porter sous le zénith les lieux qui se trouvent k à la même dislance du pôle magnétique que l'Ànglek terre, vous trouverez que l'inclinaison reste la même, « taudis que la déclinaison changera continuellement, « étant d'abord nulle et augmentant ensuite graduelle- « ment vers l'est, comme cela arrive sur la terre. Si nous « tournons ensuite le globe de manière à approcher « le pôle du zénith, l'inclinaison augmentera jusqu'à ce « que l'aiguille devienne parfaitement verticale au pôle « lui-même. Eloignant ensuite ce pôle, l'inclinaison dé- « croîtra jusqu'à ce qu'elle soit nulle à l'équateur, faite guillc devenant alors horizontale. En continuant le « mouvement, et s'approchant du pôle sud, on trouvera « que l'extrémité sud de l'aiguille s'inclinera au-dessous « de l'horizon , et que l'inclinaison augmentera conti- « nuellement de l'équateur au pôle, où l'aiguille devien- « dra également verticale, mais dans la position inverse « qu'elle occupait au pôle nord. »

Il est certain que le globe artificiel de M. Barlow représente avec exactitude tous les phénomènes magnétiques terrestres. On voit donc, par l'expérience importante dont je viens de faire connaître les principaux résultats, que l'on peut concevoir tous ces phénomènes sans recourir à l'aimantation par les moyens anciennement connus. M. Barlow fait remarquer, dans l'exposé qu'il a fait de ses expériences, qu'il résulte des lois

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obtenues par M. Biot, que, ni la position d'un seul aimant, ni l'arrangement de plusieurs aimants dans l'intérieur du globe, ne pourraient produire les mêmes phénomènes en rapport avec l'intensité de l'aiguille.

Les faits exposés précédemment tendent donc à démontrer que les phénomènes magnétiques de la terre pourraient être produits par de l'électricité en mouvement.

M. Barlow ne s'est pas dissimulé les difficultés que l'on rencontre pour expliquer l'existence de courants électriques à la surface de la terre; mettant de côté les courants qui ont une origine voltaïque , dont la production serait difficile à concevoir, il a donné la préférence aux courants thermo-électriques dus à l'influence solaire : nous verrons ci-après jusqu'à quel point cette conjecture est fondée.

§ III. Réflexions sur les théories données pour expliquer l'origine du magnétisme terrestre.

Si l'on part de l'hypothèse que le magnétisme terrestre est dû à des courants thermo-électriques qui circulent continuellement autour de la surface de la terre, on se demande sur-le-champ en quoi consiste l'appareil thermo-électrique que le soleil met en action. Si la chaleur solaire pouvait produire des courants dans les matières qui forment la couche superficielle du globe, toutes les difficultés seraient levées ; mais il n'en est pas ainsi : en effet , on sait qu'une différence de température entre deux substances métalliques en contact, formant un circuit fermé, suffit pour mettre en mouvement le fluide électrique dans ce circuit. On peut également produire des courants dans un barreau de bismuth , d'antimoine ou de zinc , dont toutes les parties n'ont pas la même température ; mais ces corps sont conducteurs de l'électricité, car jusqu'ici on n'a pu réussir à les obtenir dans des fragments de roche ou autres substances qui composent la croûte superficielle de notre globe, en raison de leur

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