CHAPITRE IX. Io
bien sur le magnétisme terrestre que sur celui de l'aiguille. Le coefficient se compose selon lui de deux corrections , l'une qui est invariable et dépendante de l'aiguille dont le magnétisme ne varie pas, et l'autre qui. varie avec l'intensité magnétique selon le lieu d'observation. Je reviendrai sur ce mode de correction, quand j'exposerai les observations que cet habile navigateur a faites dans son voyage de circumnavigation.
§ III. Recherches de MM. Gauss, Jf'eberet Goldsmit/t.
M. Gauss, qui a donné aux appareils magnétiques une sensibilité jusqu'alors inconnue, a dû chercher les moyens de corriger les effets dus aux différences de la température et qui étaient plus marqués ayee ces appareils qu'avec les anciens.
On a déjà remarqué que le rapport qui existe entre le magnétisme et la température du barreau, ne reste pas toujours le même, et qu'il faut, après un certain temps, mesurer de nouveau le degré d'aimantation du barreau ; on trouve alors que le même barreau , à la même température, n'a pas tout à fait autant de magnétisme qu'auparavant. M. Gauss a soumis de nouveau cette question à un examen rigoureux, à l'aide des appareils précédemment décrits; ce travail, cependant, était d'un intérêt secondaire pour lui; car il arrive rarement que l'on ait besoin d'une correction exacte dans le magnétisme de l'aiguille, eu égard à la température, attendu que la détermination de la force magnétique terrestre peut être obtenue indépendamment des changements produits dans le magnétisme de l'aiguille. Dans les méthodes d'observation qu'il a données, on n'a besoin des corrections de la température que lorsqu'on cherche le magnétisme du barreau aimanté, ou que l'on veut comparer le magnétisme terrestre en différents endroits, en divers teinpsvsans avoir recours à des mesures abolucs. Mais ces corrections sont particulièrement relatives aux observations des variations diurnes de l'intensité du
Iû4 RKOH. DE MM. GAUSS, WFBF.R F.T GOLDSM1TH.
magnétisme terrestre, faites avec le magnétomètre bifilaire.
Avec cet appareil, on peut déterminer les effets de la température d'une manière plus satisfaisante qu'avec tout autre; mais avant d'exposer le mode d'expérimentation employé, je rappellerai en peu de mots le procédé mis en usage par M. Kuppfer, pour montrer qu'il n'a pas le degré d'exactitude de celui employé par M. Gauss. M. Kuppfer fait osciller de petites aiguilles à différentes températures, qui sont constantes pendant chaque série d'opérations, et il compte la durée de leurs oscillations. En supposant que le magnétisme terrestre n'ait éprouvé aucun changement pendant le temps de l'expérience, il est bien certain que la différence trouvée entre les durées d'une oscillation peut servir à évaluer le changement survenu dans l'intensité du magnétisme du barreau. Mais comme l'intensité du magnétisme terrestre éprouve elle-même à chaque instant des variations, il s'ensuit que les résultats ne sont que des valeurs moyennes pour des intervalles de temps d'une certaine longueur, et qu'ils n'ont point d'application pour des instants déterminés séparément.
M. Gauss, en reprochant à ce procédé de ne point être assez sensible , et de ne pas donner des résultats excessivement exacts, le considère comme peu applicable aux barreaux aimantés, en raison de la difficulté de modifier à volonté et de mesurer exactement leur température quand ils oscillent. En effet, on ne peut compter sur des valeurs certaines qu'autant que la température et l'intensité magnétique du barreau sont stationnaires: condition bien difficile à apprécier, quand ce barreau a de grandes dimensions. Je vais montrer maintenant comment le magnétomètre peut servir à la solution de la question.
Supposons que l'on approche du magnétomètre le barreau soumis à l'expérience, et que la déviation de l'instrument soit aussi grande que possible, mais mesurable, et qu'elle représente, par exemple, 600 parties