‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 134 sur 335 · CHAPITRE VI. 9.2 r · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 9.2 r

opérer, par son intermédiaire, la recomposition des deux électricités contraires, s'il s'en trouve sur les couches de vernis. Cet appareil ne doit être employé que pour re-cueillir de très-faibles charges d'électricité; car si elles sont trop fortes, elles percent la couche de vernis. Je renvoie au chapitre ii pour de plus amples détails sur sa construction et son usage.

La quantité d'électricité que peut accumuler un condensateur est directement proportionnelle à la surface des plateaux , et en raison inverse de l'épaisseur de la lame isolante; car on conçoit, d'une part, que plus les disques ont d'étendue, plus ils peuvent recevoir d'électricité, puisque chaque point de leur surface reçoit une certaine portion d'électricité, et de l'autre, que moins la lame intermédiaire est épaisse, plus les actions par influence sont énei-giques. Néanmoins, il j a des limites qu'il est impossible de dépasser : si les surfaces ont trop d'étendue, la construction des disques devient très-difficile, ainsi que leur manœuvre; donne-t-on à la lame isolante trojD peu d'épaisseur, elle n'est plus un obstacle à la recomposition des deux électricités, puisqu'elles peuvent la percer.

La force condensante peut être représentée par le rapport entre la quantité totale d'électricité que possède le plateau supérieur, et celle qui se trouve sur l'autre; rapport que l'on peut facilement trouver avec un plan d'épreuve et la balance de Coulomb, en suivant les méthodes (jue nous avons indiquées. Il suffit d'isoler l'appareil et de charger l'un des plateaux d'une quantité quelconque d'électricité, tandis que l'autre communique avec le réservoir commim. Après avoir rompu la communication, on sépare avec; soin les plateaux, en les tenant avec leurs manches isolants, et on mesure leur charge électricjue en les touchant avec le plan d'épreuve, que l'on porte ensuite dans la balance. Le rapport entre les électricités des deux disques exprime la proportion de saturation ; plus la fraction qui le représente approche de l'unité, plus les quantités d'électricité

îiîtû nu CONDENS.VTEUR.

qui se trouvent sur chacun des plateaux approclieront d'être égales, et moindre sera l'excès d'électricité libre sur le plateau ( ollecteiu- ; plus sera grande; en même temps la Ibrce condensante.

§ II. De téleclrophorc ou porteur cVèlectriciiè.

i4o. Le condensateur a reçu aussi une autre destination i (jue celle d'accumuler de très-faibles quantités d'électricité sur un dis(jue de métal; on remj)loie aussi à charger fortement le même disque, quand il est en communication avec un gâteau de résine de 5 ou 6 pouces de diamètre, renfermé dans une enveloppe faite avec un coips mauvais conducteur et que l'on électrise préalablement par flottement : dans ce cas, on donne à l'appareil le nom CCélectrophore , qui signifie porteur d'électricité.

Supposons le gâteau de résine électrise avec une peau de chat , on pose dessus le disque de métal , et on le retire ensuite, en le tenant par son manche isolant; il ne possède alors aucune charge, bien qu'il ait été mis en contact avec un corps électrise ; ce corps étant un mauvais conducteur, ne lui cède aucune partie de son électricité, mais il exerce sur lui une action par influence. L'électricité négative du gâteau , en réagissant sur l'électricité nattu-elie du disque, attire à elle l'électricité posil've, avec laquelle elle ne peut se combiner en raison de la mauvaise conductibilité de la résine, qui ne lui permet pas de franchir la surface de contact; l'électricité négative est chassée loin de cette même surhice. Si on enlève le disque, les deux électricités se recombinent aussitôt, et tout rentre dans l'état naturel : mais il n'en est plus de même quand on touche le dis- (jue avec le doigt, avant de l'enlever, parce que l'on donne écoulement, dans le sol, à l'électricité négative. Ln retirant de nouveau le disque, l'électricité positive devient libre, et sa tension est suffisante pour donner des étincelles.

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