‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 137 sur 335 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

On est dans l'habitude d'employer quelquefois comme batterie électrique un système de bouteilles de Leyde formé de la manière suivante : la première est suspendue pai- son crochet au conducteur d'une machine électrique; le crochet d'une seconde bouteille est passé dans un arnieau fixé au fond de la première , et en communication avec sa garniture extérieure, et ainsi de suite, de sorte que l'armature extérieure de l'une est en communication avec la surface' intérieure de l'autre. La description seule de cet appareil indique comment tout ce système peut se charger : on dit alors que l'on charge par cascade. On conçoit, et l'expérience le prouve, que la décomposition des électricités naturelles doit s'affaiblir avec rapidité à mesure que l'on s'éloigne de la première bouteille; de sorte que, lorsqu'il y en a un grand nombre, les dernières n'ont qu'une charge trèsfaible. Quand on veut décharger tout ce système, on n'a qu'à mettre en communication le crochet de la première avec l'armature extérieure de la dernière. D'après ce mode d'arrangement , on n'obtient que l'effet dû à la décharge des électricités propres à la première et à la dernièie , attendu ({ue celles des bouteilles intermédiaires s'effectuent sans produire aucun effet apparent. Il n'en serait plus de même si l'on détachait toutes les bouteilles, et que l'on mît en communication, d'une part, toutes les armatures extérieures, et de l'autre, les surfaces intérieures.

Pour déchai'ger les batteries électriques , on ne doit pas prendre une chaîne de métal , comme pour une simple bouteille de Leyde, à moins de lui donner une grosseur considérable , mais bien l'excitateur à deux branches dont on a déjà parlé figure 48 bis.

On a imaginé un autre mode de batterie, qui revient néanmoins au piécédent. On prend plusieurs plaques de verre armées d'une feuille de métal sur les deux faces A, B, A'etB', etc., que l'on place parallèlement les unes aux autres, en faisant communiquer, au moyen

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de fils métalliques, la surface A de l'une avec la surface B de l'autre, et auisi de suite. Ce système étant isolé, si la prenuère faee commiinicjtie avec le conducteur d'une forte machine, et la dernière, avec le sol, et que l'on rompe ensuite les communications avec le conducteur et le sol, au moyen de tiges isolantes, on a une distribution de l'électricité connue dans la charge par cascade.

Nous avons passé en revue les principales propriétés de l'électricité libre, nous examineions dans les applications les effets physiques et chimiques qu'elle produit quand elle traverse les corps.

§ IV. De la pile de Volta; théorie de contact.

1/43. Aussitôt que Volta eut découvert les effets électriques produits dans le contact de deux métaux , il chercha à augmenter l'intensité.de l'électricité dégagée, en superposant des couples cuivre et zinc les uns au-dessus des autres; mais connue il avait reconnu qu'un zinc entre deux cuivres ne produisait aucun elfet, \\ s('para ciiaque couple par une bande de drap moiullé, destinée seulement à tiansmettre d'un couple à l'autre les effets électriques produits dans chacun d'eux. Il reconnut alors, à l'aide de son condensateur, que la tension électrique augmentait à mesure que le nombre des couples devenait plus grand. Ce mode d'arrangement ayant doimé a l'appareil la forme d'une pile, il l'appela aussitôt ^//e électrique ^ et le monde savaijt, on mémoire de cette grande découverte , pile de Volta.

Voici comment il disposa sa pile : il prit deux disques de cuivre et de zinc, de quelques centimètres de diamètre, et les souda sin- l'une de leurs faces; puis il posa l'une d'elles sur une planche par la face cuivre ou zinc (prenons la face cuivre); sur la face zinc, il mit . une bande de drap, de même diamètre, et trempée

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