CHAPITRE VI
aurait dû reconnaître , dans le phénomène , une cause électro-chimique.
Cette question a été traitée au commencement de ce volume avec le multiplicateur, c'est-à-dire en ne considérant que les courants électriques. Maintenant nous allons l'examiner, en n'ayant égard qu'aux effets de tension.
Nous savons qu'à l'instant oii un corps réagit chimiquement sur un autre, l'un jouant le rôle d'acide, et l'autre celui d'alcali, le premier dégage de l'électricité positive, et le second de l'électricité négative; ces deux électricités se recombinent immédiatement pour former du fluide neutre, en suivant tous les coi-ps conducteurs qui se présentent à elles : ce phénomène se produit quel que soit l'état des corps, solide, liquide ou gazeux; car il est bien prouvé maintenant que, lorsqu'un couple voltaïque, zinc et cuivre, se trouve dans un milieu gazeux capable d'attaquer le zinc plus que le cuivre , le premier se recouvre d'un excès d'électricité positive plus considérable que si le gaz n'existait pas. Bien que ce fait , et plusieurs autres que j'ai rapportés , soient conti'aires à la théorie de Yolta,je crois néanmoins que les faits ne sont pas encore assez décisifs pour l'abandonner toutà-fait, surtout si l'on admet que la tendance à la combinaison qui commence au contact est une cause datrouble dans l'équilibre des forces électriques; j'avoue néanmoins que cette théorie est fortement ébranlée. Quoi qu'il en soit, reconnaissons avant tout qu'il s'opère, par le seul fait de l'action chimique, des décompositions et recompositions des deux fluides. Cela posé, examinons les effets électriques de tension dans les réactions chimiques.
i5i. Quand un acide réagit sur une lame de métal ou une base, les deux électricités dégagées se recombinent dans la dissolution; mais si l'acide et le métal communiquent ensemble au moyen du fil d'un multiplicateur, une partie des deux électricités suit ce fil. Il n'en est pas toujours ainsi quand on se sert du condensateur {)our recueillir les mêmes électricités, attendu qu'elles trouvent souvent plus de facilité , surtout lorsque l'action
lf\(\ DE l'kLEC. de tension DE L\ PILE, ETC.
chimique est très-vlvo, à foimer du fluide neutre sur Ici surface de contact des deux corps en action, ([ue Tune de s'écouler dans le sol , et l'autre de se porter sur l'un des plateaux du condensateur pour dissimuler un excès d'électrlcilecoulralie sur l'autre plateau. On a donc un avantage immense à se servir du multiplicateur pour observer les eflets électi'o-cliimicjues; néanmoins II est bon aussi de constater les effets de tension. Voici les expériences qui ont été faites à ce sujet : sur le plateau supéi'leur d'un excellent condensateur en or ou en culviedoré, on pose un vase d'or ou de platine, dans lequel on verse de l'acide nitricjue concentré, puis l'on plonge dedans le bout d'une lame de cuivre que l'on tient par l'autre bout. ILa touchant avec le doigt le plateau Inférieur, on ne parvient (jue Irès-dlfficllement à obtenir une très-faible charge; mais H n'en est plus de même quand on étend l'acide de plusieurs fols son poids d'eau. On trouve alors que l'acide tlonne de rélectilclté positive, et le métal de l'tîlectrlclté négative, conformément au j)rincipe général. Ainsi donc, quand il y a action chimique violente, on ne peut avoir avec l(^ condensateur des efléls de tension bien manifestes ; tandis qu'on les obtient facilement lorsqu'elle est faible. Dans le premier cas, le ru[ulde étant meilleur conducteur et l'action chimique plus forte, la recomposition s'effectue mieux sur la surface de contact que dans l'autre. Voilà la cause du phénomène, comme M. Delarlve l'a parfaitement explupié. Les expériences suivantes viennent à l'appui de ce ([ue nous venons d'avancer.
On pose sur le plateau supérieur tlu condensateur wwQ. capsule de bois dans lacjuelle on met de l'eau distillée, et dont les boids sont li'gèrement humides pour qu'elle soit conductrice. On plonge ensuite dedans des lames de différents métaux, que l'on tient par un des bouts avec les doigts lavés dans la môme eau. Il n'y a aucun effet de produit, attendu que les lames étant attaquées des deux bouts, les effets se détruisent; mais pour peu que l'eau de la capsule renferme un sel ou un acide capable de rt'agir sur le métal , alors on recueille