CHAPITRE VI
de bons conducteurs; si elle ne l'est pas , c'est une preuve, ou que les deux fluides ne se recombiuent pas en entier, immédiatement, à cause de la mauvaise conductibilité des liquides , ou qu'une cause autre que l'action chimique concourt à la distribution de l'électricité. Or, l'expérience prouve que les signes électroscopiques aux deux pôles de la pile isolée sont très-faibles, et que les condensateurs même les plus forts ne s'y chargent pas sensiblement (i). Il semble donc, d'après cela, que l'on doive accoi'der dans celle circonstance la préférence à la théorie électro-chimique sur- celle du contact.
Il faut en appeler maintenant à l'expérience pour déterminer au juste la tension électrique de chaque élément dans la pile^ quand l'un de ses pôles communique avec le réservoir commun. Jusqu'ici on n'a fait aucune expérience positive dont les résultats aient clé publiés; tout ce que nous en savons à cet égard, c'est que M. Biot a ouï dire à Coulomb qu'il avait vérifié la loi de réquidifférence électrique entre les disques, et qu'elle lui avait paru exacte; au surplus, nous reviendrons sur celle question en traitant des phénomènes électro-dynamiques. La théorie électi'o-chimique delà pile que nous venons de décrire est tout-à-fait hypothétique.
^ y II. Des pi/es sèches.
i53. On a appelé improprement pi/es sèches, celles dans lesquelles le liquide conducteur est remplacé par Un corps solide légèrement humide. La présence de l'humidité est indispensable ; car il n'existe jusqu'ici aucune pde composée de substances solides et complètement sèches.
Plusieurs tentatives ont été faites pour former des piles sèches (a). Celles de ]M. Zamboni ont donné les
(i) Biot. Précis de pliysique expérimentale, 2^ éd. p. 635, (2) Vol. l%p. i65.