CHAPITRE II
SOUS l'influence terrestre, elle est devenue un aimant, comme si les deux extrémités avaient été placées entre les pôles opposés de deux aimants. Cette expérience ne réussit complètement qu'autant que la force coercitive est excessivement faible; car si elle était sensible, la décomposition du magnétisme naturel et la recomposition des deux fluides ne seraient pas instantanées.
On doit rapporter à cette cause l'aimantation qu'acquièrent les tiges verticales de fer qui restent élevées pendant long-temps sur les bâtiments. Le fer s'oxidant et restant exposé aux variations de température , s'écrouit et devient apte à conserver le magnétisme que le globe y développe continuellement par influence. Cette cause n'est pas la seule , comme nous le verrons plus loin, qui produise la polarité magnétique dans ces tiges; car l'électricité atmosphérique qui s'écoule fréquemment par leurs pointes concourt au même but.
L'aimantation du fer doux, par la torsion et le choc, s'explique également par l'action du magnétisme terrestre; en général, toutes les actions mécaniques qui peuvent écrouir le fer, lui permettent de conserver le magnétisme qui s'y développe par influence.
Dans les aiguilles aimantées qui servent aux observations sur le magnétisme terrestre , on doit éviter les points conséquents; en voici la raison : les points placés du même coté du centre de suspension, qui ont des magnétismes de nature contraire , agissent sur le magnétisme terrestre d'une manière inverse, les uns ayant une tendance à ramener l'une des extrémités de l'aiguille dans une position, les autres dans une position contraire. Il en résulte que la force directrice est généralement plus faible que si la distribution du magnétisme était régulière de chaque côté du point de suspension. On doit donc, sous tous les rapports, préférer les aiguilles dans lesquelles ce mode de distribution est bien constaté.
2^4 DE LA. DKTF.RM. DE LA RtSUL. DES FORCES, ETC.
§ II. De la délermination de la résultante des forces magnétiques du globe.
i68. La direction de la résultante des forces magnétiques du globe est donnée par la boussole de déclinaison et celle d'inclinaison. Les points d'application des deux composantes et leur intensité sont déterminés par des procédés particuliers.
Supposons une aiguille aimantée librement suspendue, et n'obéissant qu'à l'action du magnétisme terres-i tre. Si l'on considère un élément quelconque de cette aiguille, suriisamment petit pour qu'il ait un état magtiétique uniforme et (pi'il possède une petite quantité de magnétisme boréal libre, cet élément sera repoussé par les forces boréales de tous les points de la terre, et attiré par les forces australes avec une énergie proportionnée à cette quantité de magnétisme. L'action de toutes ces forces, sur l'élément, pouria être remplacée par celle de deux autres forces égales, parallèles et dirigées en sens contraire. 11 en sera de même pour un autre élément. Mais comme les points d'application de ces résultantes partielles sont situés à une dislance infinie lelalivement aux dimensions de l'aiguille, leurs directions seront nécessairement parallèles entre elles. La c|ueslion se trouve donc ramenée à la détermination de la résultante et de son point d'application de forces parallèles qui forment deux systèmes, l'un composé de forces agissant dans un sens sur tous les points de l'une des moitiés de l'aiguille, et l'autre composé de forces agissant dans un autre sens sur tous les points de l'autre moitié.
Or les princij)es de statique, relatifs à l'équilibre des corps sollicités par des forces parallèles, nous indiquent que la résultante doit être parallèle aux composantes. Il en résulte ([ue l'action du magnétisme terrestre sur une aiguille aimantée peut être représentée parcelle de deux forces égales, parallèles et dirigées en sens contraire et dont