CHAPITRE II
avec une vitesse dépendante de la force du magnétisme terrestre et du magnétisme libre de l'aiguille. Cette vitesse est mesurée par le nombre d'oscillations exécutées dans un temps donné; l'aiguille, relativement aux forces magnétiques terrestres , se comporte donc comme un pendule par rapport à la pesanteur; il s'ensuit que la formule du pendule peut servir à déterminer l'intensité de ces forces.
On prend une aiguille de déclinaison aimantée régulièrement, et dont la distribution du magnétisme n'éprouve aucun cbangement non-seulement pendant l'expérience, mais encore pendant la durée de toutes celles que l'on doit faire; car le moindre changement influerait sur l'intensité de la résultante et la position de son point d'application. On la fait osciller en différents points de la surface du globe; la différence dans la vitesse des oscillations ne peut provenir que des changements survenus dans l'intensité du magnétisme terrestre, puisque celle de l'aiguille n'a pas changé; or les forces qui ont agi successivement sont entre elles comme les carrés des nombres d'oscillations exécutées dans le même temps : on en déduit alors les variations qu'éprouve l'intensité du magnétisme terrestre en différents points du globe.
I 70. Pour être plus cei'taindu résultat, on fait osciller de la même manière l'aiguille d'inclinaison de cbaque côté de sa position d'équilibre, en l'en écartant de plusieurs degrés.
II est nécessaire de répéter cette expérience un certain nombre de fois, avec plusieurs aiguilles qui servent à se vérifier l'une l'auti'e, et de prendre la moyenne de tous les résultats. Pour être bien certain que les aiguilles n'ont pas perdu de leur magnétisme , on doit revenir dans les lieux où l'on a déjà expérimenté, pour recommencer les opérations et voir si les résultats sont semblables.
La méthode précédente, pour trouver la force qui fait osciller l'aiguille de déchnaison , n'est pas applicable
l'jS DÉTI.R. DU JMOMFNT DE LA. lORCF, ETC.
aux localités où l'inclinaison est très-grande, comme aii\ environs des pôles magnétiques, parce que celte fon i est alors très-j)etiU\ Pour parer à cet inconvénient, on a recours à une autre méthode (i). Si l'on représente par / l'angle d'inclinaison d'un lieu, par M la fore»magnéti([ue terrestre , en la décomposant en deux au très, l'une verticale, et l'autre horizontale; la première, qui est détruite par la suspension, a pour expression M sin. i, et l'autre, qui fait osciller l'aiguille de déclinaison, M COS. /. Pour un autre lieu, dont la force magnétique serait M' et l'inclinaison i\ on aurait, pour les conqjosantes verticale et horizontale, M' sin. /'et M' COS. /'. En représentant par N et N' les nomhres d'oscillations exécutées dans le même temps, on aurait:
IN ^ M cos. / M N' . COS. i
■ou
N^ """ M' COS. î M ~ K\ COS. i '
Cette formule permet d'expérimenter dans les lieux oii l'inclinaison est considérahle, et dispense de faire osciller l'aiguille d'inclinaison, qui se prête moins hien aux expériences d'oscillations que l'aiguille de déclinaisou, attendu que son mode de suspension produit trop de frottement, et ([u'elle est heaucoup plus difficile à s'équilihrer que l'autre.
§ III. Détermination du moment dé la force directrice d'une aiguille.
171. Coulomb a encore donné une autre méthode pour déterminer l'intensité île la force tlirectrice d'une aiguille, qu'il appelle son moinentuni magnétique.
Ij'énergie avec laquelle raiguillc est ramenée dans le; méridien magnétique dépend de l'intensité des com'po-. santés horiz<MitaIes des forces attractives et répulsives*
(1) Pouillwt. Ék'-ineiils de phys., 1828, t. i^*", p. 480.