SUR LES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS D'AIMANTATION
§ I^'. Méthode du contact success^if^ de celles de Duhamel et d'yEpinus.
ï'j'j. Nous avons vu combien il était important d'aimanter , d'une manièr'e régulière, une aiguille d'acier destinée à des recherches sur le magnétisme terrestre, et de lui donner eu même temps toute la quantité de magnétisme qu'elle peut posséder. Nous allons exposer actuellement les divers procédés à l'aide desquels on parvient à remplir ces deux conditions.
Pour aimanter un barreau d'acier, nous nous sommes bornés précédemment à frotter, dans le même sens, ce barreau dans toute sa longueur, et à plusieurs reprises, sur le même pôle d'un aimant ; cette méthode, qui est celle du contact successif, ne présente aucun inconvénient quand le barreau est court et que l'aimant est puissant; mais il n'en est plus de même lorsqu'il est très-long et fortement trempé, car il peut arriver que l'aimantation ne s'étende pas régulièrement jusqu'à l'extrémité opposée , et qu'il se produise des points conséquents, dont on ne saurait trop se garantir dans la construction des aiguilles aimantées.
Knight, en 174^, a fait connaître un perfectionnement dans le mode d'aimantation par simple contact. Ayant placé bout à bout , par les pôles de nom contraire, deux barreaux fortement aimantés, il posait dessus , dans le sens de leur longueur , un petit barreau
CiQI MEXnODF.S DU CONTACT SUCCESSIF.
(l'acier trempé cerise clair, de manière que son milieu correspondait aux points de jonction des deux barreaux; puis il séparait ceux-ci en les faisant glisser dans un sens opposé justpraux extrémités du petit !)arreau, qui se trouvait avoir ac([uis un magnétisme plus fort que celui qu'on lui aurait communicpié par le moyen alors en usage. Il est facile de se rendre compte de l'effet produit.
Chaque aimant agissant siu' la même moitié du petit barreau , la décomposition du magnétisme est favorisée par l'action simultanée des deux pôles opposés, ({ui attirent chacun l'un des magnétismes, et repoussent l'autre du côté opposé, tandis que dans le contact successif le même aimant agit seul, sur toute la longueur, pour y développer les deux magnétismes; ce qui doit produire un effet moindic. Cette méthode sert à aimanter à saturation seulement des barreaux courts et peu épais.
I -78. Peu de temps après cette découverte, Duhamel et Antheaume indiquèrent la méthode suivante d'aimantation : on place, parallèlement l'un à l'autre, deux barreaux AB et A'B' ( fîg. -79), joints à leurs deux extrémités par deux petits parallélipipèdes de fer doux F et F'; puis l'on prend deux barreaux aimantés ab et a b\ que l'on incline de a5 à 3o° sur leur direction, en les posant d'abord au milieu de l'un d'eux , les pôles inverses en regard, et on les fait glisser ini certain nombre de fois en sens contraire , jusqu'à l'exlrémité du barreau. On fait la même opération sur l'autre.
I.'ap[)lication des petits nioiceaiix de fer doux à l'extrémité des barreaux ([ue l'on aimante, est un perfectionnement important; eu effet, dès que ces baireaux ont acquis un certain degré de magnétisme, les parallélipipèdes de fer doux s'aimantent par influence, et réagissent ensuite sur les barreaux pour augmenter leur magnétisme.
En substituant deux aimants aux barreaux de fer doux, ou devait encore accroître le développement du