CHAPITRE V
pivots augmentant dans un rapport plus grand que les pressions, et les moments magnéticpies croissant dans un rapport beaucoup moins grand que les masses ou les pressions des pivots, les aiguilles peu é|jaisses et très-légères, à longueurs égales, doivent être préférées à toutes les autres, comme nous l'avons déjà dit.
2o3. En défaisant la lame composée de huit aiguilles, il a trouvé que la
i^^lame de la surface exécutait 20 oscill. en.. . . 91"
2* lame 20 en. ... aS r
3^ lame 20 en. ... 278
[\^ lame 20 en. ... 211
5^ lame 20 en. . . . 222
6^ lame 20 en. . . . 237
7^ lame, les pôles renversés.. 20 en.. . 23^
8^ lame de la surface 20 en.. . . 90
Ces résultats nous conduisent aux mêmes conséquences . que ci-dessus, et nous montrent en outre qu'il peut y avoir des aiguilles intermédiaires dont les pôles soient renversés.
Nous devons encore faire observer que Coulomb a reconnu qu'un faisceau de lames prend à peu près le même degré de magnétisme qu'une seule lame de la même figure et du même poids ; ce qui porte à faire croire que, dans les aimants d'une seule pièce, le magnétisme va en diminuant de la surfa(^e au centre, comra^ dans les aimants composés de plusieurs lames.
§ VII. Des aiguilles de boussole.
io[\. Les aiguilles de boussole sont des aiguilles aimantées , munies à leur centre d'une chape en agate, qui repose sur un pivot d'un métal non magnétique. On corrige l'effet de l'inclinaison magnétique en plaçant un petit contre-poids sur un des bras de l'aiguille, pour la rendre horizontale : ce contre-poids varie suivant les latitudes.
34o DES AIGUILLES DE BOUSSOLE.
L'axe de l'aiguille, ou la ligne qui joint ses pôles, doit se placer dans le méridien magnétique, si aucun obstacle ne s'y oppose; mais le frottement du pivot contre le tond de la chape est un obstacle de ce genre (lue la force directrice doit vaincre préalablement. Los aiguilles de boussole les plus parfaites sont celles dans lesquelles le frottement est le plus faible et la force directrice la plus grande possible. Quand Taxe de figure ne coïncide pas avec l'axe magnétique , on corrige les erreurs ((ui en n'-sultent dans une première observation par la métbode du retournement. Toutes choses égales d'ailleurs, le frottement croît avec le poids de l'aiguille; pour le mesurer , il faut présenter l'aiguille de loin à un aimant : celui-ci la détourne d'abord de son méridien magnétique ; et l'on voit de quelle manière elle y revient quand elle est abandonnée à elle-même. Les amplitudes des arcs auxquels elle s'arrête sont proportionnelles à l'énergie du frottement.
Coulomb prit une aiguille de boussole percée à son centre de gravité d'un trou et colla , à 3 ou 4 lignes au-dessus de ce trou , une petite lame de verre trèspolie : cette lame se trouvait séparée de l'aiguille par le moyen de deux petits poteaux de bois, collés à l'aiguille et à la lame. Le tout pesait i 5o grains. La lame de verre et les petits morceaux de bois pesaient ensemble
9 grains; l'aiguille avait lo pouces de longueur, et faisait
10 oscillations en 6o".
L'aiguille fut placée horizontalement sur la pointe d'un pivot d'acier très-dur. Après l'avoir enfermée dans une boîte, il chercha , en lui présentant de loin le pôle d'une autre aiguille, les limites de son champ d'indifférence, ou l'angle formé avec toutes les directions, qu'elle pouvait prendre , sans que sa force directrice la ramenât à son véritable méridien : cet angle A était évidemment proportionnel au frottement.