‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 225 sur 335 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ces fils acquièrent la polarité dès qu'on les frotte avec des corps durs dans la direction des barreaux. Si l'on retourne ces mêmes fils et qu'on exerce de nouveau le frottement, on détruit la polarité pour leur en donner une autre en sens inverse.

Nous savons ({ue M. Gay-Lussac a fait voir que l'on peut rendre magnétique le fer doux au moyen de la torsion. Cette action mécanique produit le même effet dans le fei" qui est sous Tintluence du magnétisme terrestre, que le frottement sur les fils de fer qui sont aimantés par influence. M. Haldat i\ fait voir, comme on devait s'y attendre, qu'en détordant un fil de fer doux qui a été aimanté par la torsion , on lui enlève sa polarité.

Tous ces faits s'expliquent parfaitement par les principes connus , et nous ne nous y arrêterons pas davantage.

§ X. Obseivations sur ici distribution du uiagnélisme dans les aimants ^ et sur la force coercitive.

'1 i().M.Nol)ilia fait dei'nièrementquelques expériences pour tacher de découvrir de quelle manière la distribution du magnétisme s'opère dans l'intérieur des aimants; il a voulu voir, entre autres , jusqu'à quel point on pouvait considéi'cr un cylindre aimanté comme formant un faisceau d'aiguilles très -fines de même longueur, toutes aimantées par le même coté; il a pensé (|u'un semblable faisceau d'aiguilles devait se désainiantei- j)iesque entièrement. Pour s'assurer de ce fait , il a suivi la même marche que Coulomb. Il prit un3 cinquantaine d'aiguilles, dont il fit un petit paquet, qu'il aimanta ensuite avec le pôle d'un gros aimant; il défit ensuite le paquet pour déterminer la force magnétique de chaque aiguille ; il les trouva toutes fortement aimantées dans le même sens ; puis il reforma le faisceau en maintenant le contact des aiguilles aussi parfait que

358 OBSERVA.T. SUn L.V DISTRITÎ. DU MAGNÉT, ETC.

possible avec un fil enroulé autour. Deux heures après, ayant délié le paquet, il observa de nouveau le magné- j tisnie de chacune des aiguilles; il en trouva un bon nombre (jui avaient ac(juis le niagnélisme contraire. Ayant répété l'expérience sur un autre paquet d'aigudies, mais au lieu d'attendre deux heures pour l'ouvra", il le défit une demi-heuie après, un certain nombre d'aiguilles avai(>nt déjà perdu tout le magnétisme qu'on leur avait commmrKjué. Toutds ces observations avaient été faites par Coulomb avant M. Nobili (2o3).

Ces faits prouvent que les aiguilles ne restent pas toutes aimantées au même degré; que les plus fortes désaimantent d'aboi'd les plus faibles, qui prennent ensuite le magnétisme contraire, et que si elles avaient reçu toutes, dès le principe, le même degré d'aimantation, la vertu magnéîiijue se serait bien vite éteinte dans tout le système. M. Nobili perise, d'après cela, (jue l'on ne doit pas considérer un ban-eau aimanté comme formant un faisceau d'aiguilles très - fines do uieme longeur, aimantées toutes du même' côté.

Il est pai'ti de la disposition eu échelons des barreaux dans les faisceaux artificiels, pour iiuliquer comment il conçoit la distribution du inaguélisme. Suivant cet ai'rangement, la barre centrale dépasse les barres ■( latérales qui sont placées ensuite en échelons, f^e barreau t du centre, non seulement conserve son magnétisme, f mais acquiert encore un plus grand degré do force que i par tout autre arrangement. iM. Nobili siq)posc que fin- ' térieur du barreau est divisé en autant de couches concentriques , et que le magnétisme sur ces couches diminue rapidement du deliors au dedans. Il cite, à l'aj)pui de sa manière de voir, le fait suivant : si l'on veut concentrer dans les aimanls artificiels, formés de barreaux i-n écludons, la plus grande force magnétique sur les bases latérales, il faut intervertir l'ordre des échelons, retirer en arrière la base centrale, et pousser en avant celles qui sont latérales. Pour indicjuer comment il peut se faire que cette division en couches

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