CHAPITRE V
concentriques s'opère, il explique ce qu'il entend par force coercitive.
On considère comme telle, la résistance qu'opposent les métaux magnétiques à leur aimantation et à leur désaimantation. L'acier non trempé se comporte conmie le fer doux; mais il n'en est pas de même quand il est trempé. M. Nohili préfend que la trempe ii'est pas la cause immédiate de la conservation de la vertu magnétique, et que les expériences précédentes montrent que la condition conservatrice dépend du mofle même de la distribution du magriétisme dans les aimants. On ne peut admettre, dit-il, que l'aimant soit composé d'un nombre infini de fils élémentaires, tous aimantés au même degré, quelle que soit leur trempe, puiscjue tout le système se désaimanterait bien vite; mais, si Ion suppose que les éléments extérieurs soient plus aimantés que ceux de l'intérieur, on a alors un système capable de conserver une dose de magnétisme plus ou moins forte. Ce dernier fait a été établi dans les faisceaux composés par Coulomb et rentre dans les expériences de M. Barlow.
D'après cela, suivant cet liabile pbysicien, la trempe fait acquérir à la masse un état tel , que les molécules extérieures , refroidies plus rapidement que celles de i'inléi-ieur, se rappiocbent plus que ne peuvent le faire celles-ci. L'acier trempé possède donc une croûte dont la densité et d'autres propriétés propres à la constitution sont d'autant plus différentes des coucbes internes que le refroidissement a été plus rapide. Le magnétisme se conserverait donc dans l'acier trempé, non parce qu'il existe une force coercitive telle que les pbysiciens l'ont admise jusqu'ici , mais bien parce que le magnétisme s'y distribue inégalement, en plus grande quantité à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il part de ce principe pour expliquer comment il se fait que le fer doux, quand il a été battu sous le marteau ou passé à la fdière, acquiert la piopriété de conserver une petite quantité de magnétisme. Les coups de marteau et la fdière rendent les parties extérieures plus compactes que celles de l'intérieur.
36o OBSERVAT. SUR LA. DISTRIB. DU MAONl'lT., ETC.
Par le même motif, pour la même trempe et la même quantité d'acier, les petites barres prendront, à proportion, plus de magnétisme que les grosses barres. I/expérience suivante tend elteetivement à prouver que le magîiétisme augmente davantage en proportion du degré de la trempe que de la masse du corps magnétique. M. Nobili a fait construire avec le même acier deux cylindres de même longueur et de même diamètre, l'un massif, et l'autre percé au milieu de part en part suivant son axe; le poids du premier était de a8 grammes et demi, celui du second de i6. Ces deux cylindres furent trempés de la même manière, et aimantés à saturation ; l'un et l'autre, placés à la même distance d'une aiguille de boussole, donnèrent les déviations suivantes :
Pour le cylindre massif, g degrés et demi. Pour le cylindre foré, kj.
La différence est, comme on voit, très-grande, et cependant le cylindre massif est d'une masse presque double de l'autre.
Suivant la manière de voir de M. INobili, le cvlindre foré étant lrenîj)é en même temps en deliorset en dedans, s'est recouvert des deux côtés de celte croûte, qui devient la puissance conservatrice du magnétisme, dès l'instant qu'il peut en recevoir une jdus grande dose ijui ne louclie pas aux parties internes. M. Nobili avoue néanmoins (ju'il règne encore une si grande o])Scurité sur ce qui se passe dans l'intérieur tics aimants, qu'il n'a publié son opinion (ju'avec une certaine réserve. Quoi qu'il en soit , les faits sur les([uc!ls il l'appuie sont assez importants pour que nous ayons cru devoir les mentionner ici,