CHAPITRE VI
loi de Coulomb. Les observations suivantes prouvent la vérité de ce que je viens d'avancer. Le barreau soumis à l'expérience avait o,5 de longueur. Il fut placé dans le même plan horizontal que l'aiguille, et à peu près à égale distance de ses extrémités, son pôle boréal situé vers le pôle austral de l'aiguille, et réciproquement; l'aiguille se trouvait dans le méridien magnétique. Chaque fois qu'on élevait la température de l'une de ses extrémités, le pôle de l'aiguille qui se trouvait du côté de cette extrémité était attiré, et l'aiguille s'éloignait du méridien magnétique d'un certain angle. En abandonnant ensuite le barreau au refroidissement spontané, l'aiguille se rapprochait peu à peu de sa première position, sans jamais y revenir entièrement. Le barreau ayant été incliné légèrement, on mit sa partie basse dans un vase rempli de neige, dont on élevait successivement la température jusqu'à 5o". L'aiguille soumise à l'action seule de la tei're faisait 5o oscillations en 207". Voici les résultats observés :
TEMPÉRATURE (le l'exlremité du barreau.
ItURÉE DE KO OSCILLATIONS.
Si l'on opérait avec une barre de fer doux foi gé, placée parallèlement à une aiguille hoi'izontale, de manière que celle-ci ne sortît pas du méridien magnétique, la barre se trouvait aimantée par l'action du magnétisme terrestre. En chauffant le barreau à l'une de ses extrémités, le pôle de l'aiguille qui se trouvait de ce côté était attiré au lieu
378 INFL. DE LA. TEMPlÉR. SUR LA. DISTRIB. DES AIM.
d'être repoussé, comme clans le cas où la barre était aimantée; ainsi donc, dans le cas au fer doux aimanté par l'action de la terre, le point d'indittei-ence s'est l'approché de l'extrémité cliauffée , au lieu de s'en éloigner comme dans le cas d'un aimant. La force magnétique du fer doux augmente donc j)ar la chaleur.
2 26. M. Christie ( r ) s'est occupé aussi de la question relative aux changements qu'éprouve l'intensité magnétique des barreaux, quanti on fait varier leur température; mais la méthode analytique dont il a fait usage n'est pas aussi simple (|ue celles (|ui ont été employées par Coulomb et M. Kupffer ; nous allons cependant essayer d'en donner une idée.
M. Christie est parti du principe ([ue les actions exercées par deux aimants sur un troisième librement suspendu, peuvent être rapportées à celles de deux centres placés dans chacun d'eux, près de leurs extrémités, et que pour cluKjue pôle de l'un des aimants, les autres pôles de l'autre sont, l'un attiré, et l'autre repoussé pai" lui, avec une énergie qui varie en raison inverse du carré des distances. Il a établi une formule dans laquelle se trouvent l'intensité des barreaux et les écarts de l'aiguille, et au moyen de laquelle on peut déterniiner les vaiiations de l'intensité en raison de la température.
Voici comment est disposé l'appareil dont il a fait usage :
Il a commencé par établir une ligne méridienne sur une table solidement établie , et a placé dessus une boussole, de manière (jue rextrémité de l'aiguille correspondît au zéro tie l'échelle. Deux aimants, les pôles inverses en regard, furent mis au fond de deux vases de terre, fixés aussi à la table avec des pièces de bois rectangulaires. De ces pièces de bois sortaient de petites lames de cuivre, sur chacune desquelles était tracée une ligne indiquant la position de l'axe de l'aimant. La distance horizontale
(i) Philos, transact., iSaS, i""* part.