‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 254 sur 335 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

face inférieure de ce plateau, el sur la face supérieure on pose une cloclie c, clans laquelle on suspend une aiguille aimantée a ci ^ au moyen d'un fil de soie. Un petit treuil est destiné à élever ou à descendre l'aiguille. L'horloge est mise en mouvement au moyen d'un poids P. Un compteur indique le nombre de tours exécutés dans un temps donné.

Décrivons maintenant le phénomène observé par M. Ara go.

Si l'on fait tourner une plaque de cuivre avec une vitesse déterminée, sous une aiguille aimantée, aussitôt que le mouvement de rotation commence, l'aiguille est chassée du méridien magnétique , avec d'autant plus de force que le mouvement est plus rapide. La force d'entraînement étant balancée par l'action de la terre, qui tend à maintenir l'aiguille dans le méridien magnétique, il en résulte une nouvelle position d'équilibre, qui dépend du rapport de ces deux forces; mais quand le mouvement est très-rapide, l'aiguille ne s'arrête pas et continue de tourner.

L'action (jue reçoit l'aiguille du disque en mouvement, décroît, pour la même vitesse, cà mesure que leur distance diminue; ainsi, si l'aiguille tourne d'un mouvement continu quand les deux corps ne sont séparés que par une feuille de papier, en augmentant la distance, elle prend une position fixe , et 1^^ déviation devient toujours moindre, à mesure que l'on élève l'aiguille audessus du disque. Lorsque les plaques sont évidées dans la direction des rayons, l'effet est moindre que dans le cas oii elles sont pleines.

M. Arago ayant soumis à l'expérience des plaques de divei'ses substances, de même dimension, dans l'espoir de déterminer rigoureusement le mode d'action de chacune d'elles sur l'aiguille aimantée, trouva pour les mêmes métaux des résultats si différents, suivant qu'ils contenaient plus ou moins d'alliage, qu'il préféra ne pas les publier, plutôt que de donner des valeurs qui n'étaient exactes que dans les circonstances où ce célèbre

SgS PH^NOM. MAGNIÉT. PROD. DAKS LES CORPS, ETC.

physicien avait opéré. F.es résullats généraux, que nous venons d'exposer ont été annoncés par lui h. l'Acadéinie des sciences, dans la séance du ^ mars iSaS. Aussitôt celte communication, on s'empressa de toutes parts de répéter l'expérience du magnétisme de rotation. Des tlit'ories furent imaginées pour expliquer ce singulier phénomène; mais M. Arago, au lieu d'en cherchei- la cause, s'appliqua à déterminer complètement les directions de la force qui est dévelojjpée sur les disques tournants. 11 chercha, cà cet effet, les composantes de cette force suivant trois lignes parallèles à trois plans coordonnés perpendiculaires entre eux.

La composante per|)endiculaire au plateau est une force répulsive, que Ton rend sensihie au moyen d'un aimant fort long, suspendu à un fd dans une direction verticale, à l'extrémité du fléau d'une balance, qui est m;Hnt«>nu en é(|uHibre avec un poids convenable placé à Taulre extrémité. Dès Tinslant que !e plateau commence à tourner, l'aimant est repoussé et le fléau de la balance j)enche de l'autre coté. I.a seconde conq)osante est horizontale et perpendiculaire au plan vertical, cpii contient le rayon aboutissant à la projection du pôle de l'aiguille. Cette force est celle qui imprime le mouvement de rotation à l'aiguille; elle agit tangeniiellement au cercle ; son effet est connu immédiatement par l'expérience.

La troisièuîe composante est dirigée parallèlement au rayon qui aboutit à la projection du pôle de l'aiguille : on la détermine avec une aiguille d'inclinaison que l'on place verticalement, de manière que son axe de rotation soit contenu dans un plan perpendiculaire à l'un des rayons du distpie. Une semblable aiguille placée au centre du disque n'éprouve aucune action. Il existe également un second point, plus voisin du bord que du centre, où elle n'éprouve non plus aucun changement dans sa position; mais entre ces deux points, le pôle inféiieur est constamment attiré vers le centre, tandis qu'il est repoussé au-delà du point.

23v^. Ix's physiciens qui répétèrent les observations de

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