CHAPITRE VIII. 4ï
« sont du même ordre de grandeur que celles des élé- « ments magnétiques , sans cependant que le rapport des « unes aux autres soit le même dans les aimants de na- « ture différente : cela étant, les attractions et répul- « sions, exercées par ces corps dans les mêmes circon- « stances , seront différentes , comme l'expérience l'a « déjà fait connaître à Tégard d\i nickel et du fer. Ainsi « nous nous représenterons un corps aimanté, comme « un assemblage de parcelles magnétiques, séparées par ce des espaces inaccessibles au magnétisme. Le rapport « de la somme de toutes ces parcelles au volume entier « du corps , qu'on pouriait prendr-e pour sa densité, « sous le rapport du magnétisme , sera une fraction « qui approcbera plus ou moins de l'unité, dans les « corps de nature diverse, et qui devra être donnée pour « chaque corps en particulier; les actions extérieures « augmenteront ou diminueront d'intensité avec la gran- « deur de ce rapport. »
On voit dans le mémoire de M. Poisson suivant quelles lois dépendent ces actions; il y indique aussi la possibilité de vérifier la théorie par l'expérience, en faisant varier à volonté le rapport dont on vient de parler, en mélangeant, dans des proportions convenables, de la limaille de fer très-fine avec une autre matière non magnétique, soumettant ensuite ces corps à l'influence de très-forts aimants, et mesurant les attractions et répulsions.
M. Poisson suppose que le pouvoir attractif ou répulsif des deux fluides est le même dans tous les corps aimantés à distance égale et pour des quantités égales de fluides ; il regarde cette supposition comme la plus simple que l'on puisse faire à priori.
La quantité qui exprime le rappor de la somme des volumes des éléments magnétiques au volume entiei* du corps dont ils font partie, et qui se trouve dans ses calculs, peut dépendre de la température des corps; car on conçoit que la chaleur dilate les espaces qui séparent les éléments les uns des autres et comprime
4l6 THÉORIE MATHÉMATIQUE DU MAGNÉTISME.
ces éléments ^ sans changer flans le même rappoi't le volume total. Dans cette hypothèse, les attractions ou répulsions niagnéti(|ues exercées par un même corps devront varier avec son tiegré de chaleur, ce qui est démontré, comme ofi l'a vu précédemment.
La plupart des expériences ayant été faites sur des barreaux aimantés, où la force coercitive était loin d'être nulle, les effets observés proviennent et de la variation de cette force, et du changement du rapport dont on parle.
Pour déterminer la variation de ce rapport, il faudrait cpie les mêmes expériences fussent répétées simultanément sur le fer doux et le nickel \nu\ H serait utile d'étendre ce genre d'observations à d'autres métaux, dans lesquels le magnétisme ne s'est j)as encore développé, et chercher s'il ne deviendrait pas magnétique à de très-basses températures. L'analogie, ajoute M. Poisson, porte à croire (|u'il existe des éléments magnétiques dans tous les corps, mais que le raj)port de la somme de leur volume au volume entier de chaque corps, d'où dépend l'intensité des actions magnétiques, <>st une fraction très-petite dans la plupart ties métaux coimus; ce rapport variant avec la tem|H'' rature, il pourrait se faire (pi'en abaissant convenablement celle d'un métal , ce rapport y devînt assez grand pour que ce corps fut alors susceptible d'aimantation à un degré sensible.
Le l'apport entre la sonune des éléments magnétiques et le volunu^ entier du cor})s aimanté n'est pas la seule donnée relative à ce corps, d'oii puisse dé|)en(lre l'intensité de ces actions; car la forme des éléments peut aussi influer sur cette intensité, et cette influence a cela de particulier (ju'elle n'est pas la même en des sens différents. Sui)posons que les éléments magnétiques soient des ellipsoïdes, dont les axes aient la même direction dans toute l'étendue d'un même corps, et que ce corps soit une sphère aimantée par influence, dans laquelle la force coercitive soit nulle; les attractions ou répulsions qu'elle exercera au dehors seront différentes dans