‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 267 sur 335 · CHAPITRE Vlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir

au plan du méridien magnétique passant par ce centre, et au plan mené par le même point perpendiculairement à la direction du magnétisme terrestre. Les lois de ces diverses variations données par le calcul s'accordent avec celles que M. Barlow a trouvées par l'expérience.

Ce calcul montre aussi que l'action d'une sphère creuse est à très-peu près indépendante de son épaisseur, tant que le rapport de celle-ci au rayon n'est pas une très-petite fraction qui peut changer de valeur avec la matière et la température de la sphère.

M. Barlow, comme nous l'avons vu, a cherché les déviations qu'une aiguille aimantée éprouve de la part d'une sphère pleine ou creuse de fer, aimantée par l'action du globe terrestre. En soumettant successivement la même aiguille à l'action de deux sphères de fer de même nature, de dix pouces anglais de diamètre, l'une entièrement pleine, et l'autre creuse, celle-ci pesant un quart de moins que la premièi-e, il a recormu ce fliit fondamental, que, dans la même position, la déviation de l'aiguille aimantée est égale pour les deux sphères, qu'elles soient pleines ou creuses, pourvu néanmoins que l'épaisseur des sphères creuses surpasse une certaine limite qu'il a fixée à un trentième de pouce. Dans ce cas, la déviation de l'aiguille produite par la sphère creuse, soiunise en premier lieu à l'expérience, est réduite aux deux tiers environ de la déviation correspondante h une sphère pleine de même dimension. M. Earlow en a conclu , comme les expériences de Coulomb sur des aimants formés d'un certain nombre de barreaux pouvaient le faire présumer, ainsi que celles de M. Nobili qui sont plus récentes, que le magnétisme résidait à la surface des corps aimantés, ou du moins qu'il ne pénétrait pas dans leur intérieur au-delà de la limite que nous venons de citer.

M. Poisson , en cherchant à obtenir, au moyen de ses formules, les résultats que M. Barlow a déduits de ses observations, a cru devoir ne pas négliger dans le calcul des déviations de l'aiguille , les corrections dues à sa

t\1ù THÉORIE MÂTIIÉMATIQL'E DU MAGNliTISME.

longueur et à sa réaction sur la splièro aimantée, quand l'aiguille est le plus rapprochée de la sphère, c'est-à-dire quand elle se trouve"^ une distance de son milieu au centre de ce corps égale à \i pouces.

M. Barlow a reconnu , qu'en plaçant dans le même point le milieu d une aiguille de G pouces, et celui d'une petite aiguille d'un demi-pouce en longueur, les déviations étaient les mêmes. M. Poisson a pensé que les deux, corrections dont on vient de parler, dont l'une tendait à augmenter la déviation, et l'autre à la diminuer, se sont compensées l'une l'auti-e. Notie célèbre mathématicien avoue cependant cjue cette compensation a été imparfaite, car en calculant les déviations de l'aiguille, et négligeant la double correction, la différence <[u'il a trouvée entre le calcul et rexpéilence était trop grande pour être attribuée en entier aux erreurs des observations. Nous allons en citer ici quelques exemples. M. Barlow a trouvé, avec une sphère de 6'',4 et en plaçant le milieu de l'aiguille à 12 pouces de distance de la sphère, que la déviation de l'aiguille aimantée était de 36" i5', l'aiguille étant placée soit à l'est, soit à l'ouest du méridien magnétique; tandis que M. Poisson n'a trouvé parlecalculque ?>i^ 38' : la différence de 3° 3^', qui ne peut être attribuée en entier aux erreurs de l'observation, est due en grande partie, suivant lui, à la longueur et à la réaction de l'aiguille dont ou n'a pas tenu compte dans le calcul. M. Poisson n'avait pas par devers lui les données nécessaires déduites de l'expérience pour effectuer la correction relative à la réaction de l'aiguille.

Dans un autre cas où la distance du milieu de l'aiguille au centre de la sphère était de i5 p. et au-delà, les déviations calculées, en faisant également abstraction de la longueur et de la force de l'aiguille, ont toujours élé plus petites que les déviations observées comme dans le cas précédent; ces différences, (jui ont ete souvent do 1° et quelques minutes dans le même sens, ne se trouvent que dans la comparaison des grandeurs absolues des déviations, puisque les lois de variation

Page 1