‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 29 sur 335 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

18. Avec un fil de cuivre parfaitement décapé, si l'on élève la température de l'un fie ses bouts, en plaçant le foyer de chaleur à une certaine dislance des points chauffés, pour oxider le moins possible sa surface, et qu'on le pose sur celui qui est à la température ordinaire, il ne se pi'oduit pas de courant; mais si l'on oxide préalablement la surface afin d'interposer un corps étranger entre la partie chaude et la partie froide, il y a alors un courant qui va de l'une à l'autre, comme dans le fil de platine. L'application d'une couche très-mince de mercure , d'étain , d'or ou d'argent, sur la surface des bouts du fil de cuivre, suffit pour produire le même effet (jue la couche d'oxide. De là nous pouvons conchne avec beaucoup de vraisemblance que, dans le premier cas, où les deux surfaces sont très-nettes, le cuivre étant bon conducteur, la solution de cotitiiuiité n'oppose qiv'un faible obstacle au passage de la chaleur de la partie chaude à la partie froide ; de sorte que l'on peut regarder sa propagation comme étant sensiblement la même à droite et à gauche de la solution de continuité; tandis que, dans le second cas, l'interposition d'un corps étranger modifie suffisamment la propagation de la chaleur pour produire les mêmes effets que dans le platine.

L'or et l'argent , quand ils ne sont pas purs, donnent des résultats semblables à ceux du cuivre; lorsqu'ils renferment du cuivre, la chaleur développe à leur surface une petite couche d'oxide, qui met obstacle à ■la propagation de la chaleur, et alors on a courant du chaud au froid. Il est bien entendu que les deux fils de cuivie, d'or ou d'argent, doivent être pris dans le même bout; car s'ils ne sont pas homogènes, il en résulte des effets particuliers.

Veut -on avoir un courant continu avec un fil de cuivre : on coupe ce fil en deux, et l'on réunit deux des bouts au moyen de deux crochets passés l'un dans l'autre (fig. 26), tandis que les deux autres bouts commu-

4o INfL, DE LA CHAL. SUR LE DÉCAG. DE LÉLEC.

niqiient avec un inulliplicuteur ou tout autre apj)areil; en plaçant une lampe à alcool, à droite ou à gauche des points do jon("tion , on a par exemple, on a un courant qui suit la direction acb^ aussitôt (pie la surface du cuivre est recouverte d'une couche d'oxide.

Les faits précédents nous indiquent (jue le pouvoir conducteui' des métaux pour la chaleui est une des causes qui influent sur la production des effets thermo-électriques. Si l'on opère avec des métaux oxidahles , tels que l'antimoine, le fer et le zinc, on a des effets inverses, c'est-à-dire que les courants vont du froid au chaud, comme M. Nobili l'a observé (i).

Quelle est la cause de ce changement? Est-il le résultat d'une action chimi(|ue, ou de toute autre action? c'est ce (jue roxpérience suivante va nous due. Opérons dans l'huile, afin d'éviter l'oxidation des métaux; maintenons l'un des bouts de la lame de fer ou de zinc dans ce liquide privé d'eau et d'air, dont on élève la température jusqu'à 60° ou 80**; puis, posons sur ce bout l'autre eiiviioiuié également d'huile à la température ordinaire, le coui-ant ira encore du froid au chaud. L'action de l'air sur le métal n'est donc pas la cause du trouble survenu dans l'équilibre des forces électriques. Peut - étie doit -on la rechercher, soit dans la conductibilité de ces métaux pour la chaleur, soit dans la couche d'oxide (|ui recouvre la sut face fies métaux, £)U dans certaines modifications que la chaleur fait éprouver à leurs facultés électriques.

Le plomb et Tétain donnent des effets variables enti-e lesquels on ne peut établir de corrélation. Il résulte des faits précédents, que dans les circuits forniés d'un seul métal, de la classe de ceux qui sont fortement thermoéloctri(jues, s'il se trouve dans l'inléiieur de la masse des corps étrangers qui tendent à modifier la propagation

(i) Bibl. univ. de Genève , t. xxxvii, p. z j8.

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