CHAPITRE ni
tion des effets électriques par la chaleur, dans les circuits composés de deux ou plusieurs métaux. Nous verrons ensuite s'il est possible de les rattacher à ceux qui ont été décrits dans le paragraphe précédent.
M. Seebeck, qui les a observés le premier, s'est servi d'un appareil composé d'un cylindre de bismuth ou d'antimoine , aux extrémités duquel était soudée une lame de cuivre en fer à cheval. Dès l'instant qu'il chauffait l'une des soudures, il s'établissait, dans tout le circuit, un courant électrique qui allait du bismuth au cuivre, ou du cuivre à l'antimoine, selon l'appareil employé. ^
Cette expérience fut répétée et développée par un grand nombre de physiciens. M. Cumming (i) indiqua un procédé très-simple. Il construisit un rectangle métaUique ( fig. 34 ')•, dont trois côtés étaient formés de fils d'argent et le quatrième d'un fd de platine; ce rectangle fut suspendu de manière; que le platine se trouvait en bas. Ayant chaufK; un des points de jonction, il lui imprima v\n mouvement de rotation de gauche à droite, quand il présentait le pôle d'un aimant à l'autre soudure. En suspendant le circuit métallique sur l'aimant même, et élevant la température d'une des jonctions, le circuit se mit aussitôt à tourner.
Continuons à suivre la marche analytique que nous avons adoptée, pour exposer les phénomènes qui nous occupent.
On obtient, dans un fil de platine, un courant électrique, quand on réunit ensemble les deux bouts, au moyen de deux anneaux passés Tun dans l'autre, et que l'on porte le foyer de chaleur à droite ou à gauche des points de jonction. Quand on opère avec un fil de cuivre, il faut préalablement oxider la surface de celui qui se trouve dans la flamme. Il en est de même des métaux oxidables.
(i) Annalsof philosophy, sept. i833.
Si l'on forme des circuits avec des fils de différents métaux, et que l'on élève successivement la température de l'une des soudui-es, ou a des coinaiits (|ui permettent de ranger les métaux dans l'ordie suivant, relativement à leurs propriétés tliermo-électriques : bismuth, platine, plomb, étain, cuivre, or, argent, zinc, fer et antimoine. Dans ce tableau, chaque métal est positif par rapport à celui qui le précède, et négatif relativement à ceux qui le suivent.
En cherchant parmi les propriétés calorifiques des corps celles qui ont (juelcjue l'apport avec les précétientes , on ne trouve que la chaleur spécifique, car Tordre des métaux rangés suivant leur chaleur spécificjue est bismuth, plomb, or, platine, étain, argent, antimoine, zinc, cuivre et fer. Quoique le rang de chaque métal , dans ces deux tableaux, ne soit pas le même, on ne peut néanmoins s'enq^écher de leconnaître une certaine analogie, puisque, à peu trexeeptions près, les inétaux les plus électro-négatifs sont ceux qui ont le moins de chaleur spéiMfic|ue ; cette chaleur doit rlonc exercer une certaine iniluence siu' les phénomènes thermo-électricjues. De plus, nous avons vu que le j)ouvoir conducteur pour l'éleetrieilé était aussi une des causes des [)hénoniènes lhermo-éleetri(|ues ; voilà tlonc déjà deux causes qui concourent à l'effet général.
Continuons Texamen de ces phénomènes : on prend un circuit disj)osé coujme i'indicjue la ligure 35, dans lequel le cuivre et le fer sont d'abord en contact au point «, et, partout ailleurs, ils sont séparés aux soudures h et c, ^/ et e,y"et g,, par des fils de platine, d'or et d'élain. On commence à porter la soudure a à 5o°, tandis que l'on maintient irzéro toutes les autres : on observe alors l'intensité du courant; puis, après, on j)orte successivement à 5o" les soudures b et c, d et e, y eX. g ^ en maintenant également toutes^ les autres à zéro. Dans ces diverses circonstances, les courants ont toujours la même intensité; de sorte que le fer et le cuivre, quand ils sont en contact ou séparés par d'autres