‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 31 sur 335 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

autre forme, que le point où la matière a été versée dans le moule est resté inactif quand on élevait sa température. Ce point est le premier qui a dû se solidifier. Cette circonstance doit être j)rise en considération dans l'explication que l'on donnera des phénomènes tliermoélectriques.

M. Slurgeon a varié la forme des morceaux de bismuth, dans l'espoir de découvrir la cause qui met le fluide électrique en mouvement.

Un barreau rectangulaire <2C, chauffé en b^ est devenu fortement magnétique. Le courant se dirigeait vers le coté c, comme l'indique la figure (fig. ac)); deux faces étaient à l'état neutre. Il reconnut que lorsque toute l'extrémité c était chauffée uniformément , le courant atteignait le maximum d'intensité, et passait par les mêmes faces du prisme en se dirigeant en sens inverse. Quand il chauffait uniformément le bout «, il ne se manifestait aucun courant jusqii'cà ce que la chaleur eût atteint un certain point b : l'effet était alors le même que si l'on eût chauffé ce point. En supprimant l'extrémité neutre, le reste du barreau devenait magnétique, quelle que fût Texti'émité à laqtielle la chaleur fût appliquée.

Dans un barreau cylindrique (aa\ bb\ fig. 3o) d'antimoine, de 8 pouces de longueur et de o,'j5 de pouce de diatnètre, en chauffant unifoi-mément l'une de ses extrémités, il obtint une distribution de courant indiquée par la figure.

Le cylindre se trouvait ainsi partagé en deux moitiés par un plan passant suivant son axe ; les lignes ponctuées étaient neutres, et les lignes ab^ cd et d h actives.

Un autre barreau cylindrique ( fig. 3i ), de 6 à 8 pouces de long, dont^les deux exliémités avaient été coupées pour qu'on eût des sections nettes : quand on chauffait seulement une moitié d'une des sections, il se produisait une série de courants dont on se rendra aisément compte sur la figure. Ce mode de distribution

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paraît dépeiidro de l'arrangement cristallin des molécules.

Avec un cône d'antimoine, uniformément dense autour de son axe, on a eu des courants dirigés de haut en bas ou de bas en haut, suivant que l'on refroidissait ou (|ue l'on échauffait la hase ( fig. Sa et 33). IjCs cônes employés avaient ^,5 pouces de hauteur, et leur base u,20 pouces de diamètre.

En chauffant le somniet du cône, le courant était trèsfaihle et sa direction incertaine. Les cylindres et les cônes de bismuth lui ont donné les mêmes résultats.

Il parait que le développement de tous ces courants, dans des niasses de bismuth ou d'antimoine de diverses formes, dont toutes les parties n'ont pas la même tempéiature, est dû à l'état ciistallin que prennent les molécules; car si l'on ajoute au bismuth ou à l'antimoine une petite quantité détain, poui' leur enlever leur texture cristalline, ils perdent en même temps leur faculté thermo-électrique.

Je dois ajouter- cpie M. Sturgeon a reconnu (jue tous les métaux possèdent des pro[)riétés thermo-électiiqnes analogues, pourvu que l'on opère sur des masses plus ou moins considérables.

Il serait à désirer que l'on pût déterminer avec exactitude la direction des couratits qui sont produits dans un cristal de bismutlï ou d'antimoine, dont toutes les parties ne possèdent pas la même température, afin de connaitj'e leurs relations par rapport aux différents sens de clivage. Au surplus, on conçoit l'existence de ces courants, puiscpie nous savons déjà que, la chaleur ne se propageant pas également dans toutes les parties d'un corps , il peut y avoir séparation des deux principes électriques là où elle rencontre un obstacle.

§ II. Des l'fjets thenno-électriqiws produits dans les circuits formés de deux métaux différents.

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