‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 6 sur 335 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DES APPAREILS A L'AIDE DESQUELS ON RECONNAÎT LA PRÉSENCE DE L'ÉLECTRICITÉ QUAND ELLE EST EN REPOS OU EN MOUVE3IÈNT.

§ I. Des Électroscopes et des Eleciromelres.

6. On a imaginé différents appareils pour reconnaître quand un corps possède une quantité plus ou moins forte d'électricité libre. Si cette quantité est considérable, l'expérience est facile, comme nous l'avons vu, mais il n'en est pas de même si elle est faible. Dans le premier cas, il suffit de lui présenter des corps légers, tels que de la poussière, des baibes de plume ou mieux encore une petite balle de moelle de sureau, suspendue à l'extrémité d'un fil simple de cocon; s'il y a attraction, puis rép^uUion, on peut être assuré ([ue le corps est éiectrisé. Dans le second , il faut avoir recours à des ap- ])areils particuliers, auxquels on a donné le nom d'éloctroscopes. Ceux dont on fait usage le plus ordinairement sont formés i° de deux brins de padle suspendus ])arallèlement Tun à l'autre, le plus près possible, à deux pelits anneaux mobiles de fil de métal, fixés à une tige métallique tei'minée par un bouton arrondi (fig. 2); 2" de deux fils de métal très-fins, terminés par deux petites balles de sureau, et suspendus corinne les deux brins de podle; 3"^ de dt-ux lames d'or baUu très-minces, suspendues parallèlement Tune à l'autre, coïncidant dans toutes leurs parties, et dont une de leurs extrén)ités est fixée dans une pince qui conmiunique également à la tige métallique (fig. 3).

Dès l'instant que cette tige reçoit une petite quantité

8 DES l^LECTROSCOPKS ET DES ELECTROMÈTRES.

d électricité, celle-ci est transmise aux pailles, aux fils de mi'tal ou aux feuilles d'or, (|ui s'écartent aussitôt, en vertu de la répulsion (|ui a toujours lieu entre deux corps chargés d'électricité contraire. C^ette ré[)ulsion est d'autant plus forte, pour la même quantité d'électricité perçue, que les pailles sont plus légères; aussi doit-on s'appli({uer , dans la construction des électroscopes, à diminuer leur poids sans changer les surfaces. Si l'on veut leur donner le plus grand degré possihle de sensibilité, il est nécessaire encore que la tige et le bouton occupent le plus petit volume possible par rapport à celui des brins de paille ou des feuilles d'or battu. Four éviter les mouvements de l'air et le choc des corps environnants, on place l'appareil sous une cloclie, dont on recouvre le haut intérieurement et extérieurement de plusieurs couches de vernis à la gonune hujue, appliquées à chaud , afni de préserver le verre de l'action bygrométrique de l'air. La cloche doit avoir un diamètre suffisant pour que les brins de paille, les balles de sureau , ou les feuilles d'or ne viennent pas décharger l'électricité qu'on leur a communiquée sur les parois du verre, qui resteraient alors électrisées. On évite cet inconvénient en plaçant, connue l'indique la figure 3, deux petites boules métalliques h U comuHurKjuant au sol au moyen de tiges métalliques, et contre lesquelles les jietits pendules viennent ^ frapper dans leur plus grand écartement. On peut, si l'on veut , appliquer sur les parois de la cloche deux lames d'étain.

La tige qui porte le bouton de métal est suffisamment mobile, pour (pi'en la tournant convenablement, on puisse mesurer l'anijditude de l'écartement sur une échelle circulaire aj)j)li(juée à la paroi intérieure de la cloche, ix^s am |)1 i tud es observées ne servent(ju'à comparer les quantités d'électricité successivement mises en expérience, attendu que l'action de la pesanteur tendant à ramener les pendules dans la direction verticale, et augmentant à mesure que ceux-ci s'écartent de cette direction , la

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