‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 60 sur 335 · CHAPITRE ni. 9D · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni. 9D

qui s'attache, par exemple, aux parois d'un tube, forme un autre tube intérieur qui agit seul sur le Hquitle pour le soulever : c'est à l'instant où cette couche se dépose qu'il peut se dégager de rélectricitë, puisque les molécules sont ébranlées.

Pour observer les elTets électriques qui se manifestent dans les phénomènes capillaires, on prend une cuiller en platine, que l'on fixe à l'un des bouts du fil d'un multiplicateur très-sensible, et une éponge de platine à l'autre; ces deux corps sont lavés préalablement et à plusieurs reprises dans de l'acide nitrique, afin d'enlever tous les corps étrangers adliérents aux surfaces, et dont la réaction sur les liquides donnerait lieu à des effets électriques particuliers. Ces précautions même ne suffisent pas toujours, et l'on est forcé quelquefois de laisser ces deux corps pendant plusieurs heures dans le même acide, pour détruir^ certaines facultés électriques qui troublent les phénomènes que l'on recherche. On remplit ensuite la cuiller d'acide nitri([ue pur et aussi concentré que possible, puis l'on plonge dedans l'éponge, que l'on a exposée préalablement à une chaleur rouge pour eih chasser tout le liquide qu'elle renftn'mait. A l'instant où l'on effectue l'immersion, l'éponge prend au liquide l'électricité négative, comme si le platine avait été attaqué; elle se polai-ise aussitôt de manière à pioduire un courant en seiis contraire, qui continue j pendant quelque temps, diminue et devient nul. Quand 1 on opère avec de l'acide nitrique étendu de la moitié î de son poiJs d'eau, le premier effet a lieu seul et dure quelques instants, et l'on n'observe plus alors de changement dans la direction du courant.

En opérant avec de l'acide hydro-chlorique concentré, les effets sont inverses, c'est-à-dire que l'éponge prend d'abord l'électricité positive', puis imniédiatt-mcnt après l'autre électricité. Tachons maintenant d'expliquer cesi différents résultats.

5o. Dans toutes les actions capillaires, il se dégage de la chaleur; on peut donc croire que l'éponge, à l'instant

96 TiFFETS ÉLT.C. PROD. DANS LES ACT. CAPILL.

où elle absorbe l'acide nitrique, acquiert une élévation (le température suffisante poiu' qu'il y ait production d'effets tbernio-électriques , semblables à ceux que nous avons exposés précédemment. Mais il est facile de voir que la chaleur n'est pas ici la cause unique du phénomène : en effet, retirons l'éponge de la cuiller quand une nouvelle immersion ne donne plus d'effet, chauffons-la légèrement et replongeons-la dans l'acide; le courant, qui, dans ce cas, est bien thermo-électrique, va de l'acide à l'éponge, et persévère dans cette direction jusqu'à ce que l'éfiuilibre de température se soit établi dans toutes les parties; la direction du courant, dans ce cas, est la même que celle du courant secondaire que l'on obtient avec l'acide nitrique concentré. Dès lors, le courant primitif ne peut être attribué qu'à une action qui s'exerce au contact de l'acide et du platine. Ce courant ne proviendrait-il pas par hasard d'une légère altération que le platine éprouverait au contact de l'acide? C'est ce que nous ignorons.

Le courant secondaire peut aussi avoir une autre origine; nous verrons, en traitant des propriétés des couratits électriques, les facultés qu'acquièrent les lames de métal plongeant dans les liquides, à travers lesquels on fait passer des courants : ces lames jouissent de la propriété de reproduire un courant en sens inverse, quand le pi'emier a cessé. Il pourrait se faire que celui (jui provient de l'action capillaire donnât naissance aussi à un courant secondaire.

Au surplus, l'action capillaire, à l'instant où elle se manifeste, doit faire éprouvei' aux molécules des coips qui en sont l'objet un ébranlement, qui suffit polir rompre l'équilibre des forces électriques. Une preuve que les molécules de liquide ont éprouvé un déplacement, c'est que la constitution de la couche qui adhère aux solides n'est pas la même que celle de la masse entière ; nous parlerons de ce fait, en traitant des décompositions chimiques par le moyen des forces électriques à petite tension.

5i. Comment se fait-il que, lorsqu'on opère avec de

Page 1