CHAPITRE Iir. lo
étant ainsi disposées, retirons les deux corps delà compression, et plaçons le disque de liège, qui est censé avoir acquis un excès d'électricité de même nature que celle qui a été communiquée au disque de clinquant, au zéi'o du cercle liorizontal , en y ramenant aussi le disque de clinquant qui possède une quantité d'électricité Kio° -Ha, il y aura répulsion. Ramenons encore par la torsion les deux disques à une distance angulaire de dix degrés, et soit d le nombre de degrés dont il faudra tordre pour cela le fil, on aura évidemment, en représentant par j l'excès d'électricité possédé par le disque de liège ou de sureau ,^. k lo -\- a^=z \o -\- d; d'où :
lO + ^/ "^ \/ \o-\- a '
Telle est l'expression de la quantité d'électricité due à une pression P. Pour une autre pression P' on aura :
^ ~ l/ToT^ '
j\ a, d étant des quantités analogues à j-, a et d; donc les intensités électriques provenant de deux pressions P et P' sont entre elles comme :
lo + r/ \o -\- d
Usage de tappareU.
59. Les surfaces des corps soumis à la pression doivent être, autant que possible, dans un état semblable de poli; sans cette précaution les résultats ne seraient pas comparables, attendu que le plus ou moins de poli influe singulièrement sur la quantité d'électricité développée. Si ce sont des substances minérales, on les taille en plaques minces, et on leur donne tout le poli que l'art peut
Io6 DIÎGAG. DE l'ÉLEC. PAR PRESSION.
atteindre, ou bien, ce cjui est encore préférable, on les clive naturellement quand elles en sont susceptibles. Ensuite on lave la suifaceavec de l'alcool pour enlever les matières grasses, et on laisse séjourner le corps pendant quelque teinjjs dans l'air sec de la balance, pour enlever la petite coucbe d'Iunnidité qui adbère ordinairement à la surface de tous les corps. Quant aux substances qui ne sont pas minérales, on se contente de les priver de leur eau bvgrojiiétrique. Cette dernière précaution est indispensable; car certaines substances , telles que la baryte sidlatée cristallisée, le mica, la <;haux sulfatée, ne ; sont electri(|ues par pression qu'autant qu'elles ont été ] dessécbées préalal)lenient.
A l'instant où l'on place les deux, corps l'un sur j l'autre, il faut éviter qu'ils éprouvent du frottement; car il en résulterait une complication d'effets dont on ne pourrait rendie compte. On remplit cette condition ea posant ces corps de manière à ce que le fléau de la balance n'éprouve d'oscillations dans aucun sens; on fixe* pour cela au pied de l'appareil une tige verticale, qui monte ou descend au moyen d'un engrenage à crémaillère, et (|ui est terminé, à sa partie supérieure, par une fourcbette dans lacjuelle on place un des bras du fléau de la balance. Cet engrenage est tellement disposé, que le fléau de la balance peut monter et descendre sans os- , • cillations latérales. De j)lus, pour être; bien certain que le plus petit frottement n'a pas influé sur la quantité d'électricilé due à la pression, on laisse subsister celle-ci pendant (juel(|ue temps.
Dans les expériences (|ui ont poui- but de déterminer le ra|)port entie les intensités électriques et les pressions correspondantes, on doit éviter d'employer des substances à l'égard desipiclles de légères altérations dans les surfaces apportent de grandes différences dans les quantités d'électricité ilévcloppée. Par exemple, le liège et la moelle de sureau ne pourraient convenir pour leur pression réciproque, attendu que le plus petit changement de lem- ' pérature , dans l'un de ces deux corps , suffit souvent
pour modifier considérablement les résultats. Il faut employer des substances telles que la baryte sulfatée et le liège.
11 est difficile de déterminer la loi des intensités électriques dues à une même pression et à des vitesses de séparation différentes. L^s recheicbes que cette loi exigerait ne peuvent être faites avec l'appareil décrit; mais on trouve facilement la loi des intensités électriques qui résultent de différentes pressions, et de vitesses de séparation donnant le maximum d'effets. Supposons donc que |)ar des expériences piéliminaires on ait déterminé les vitesses maxima, et voyons ce qui arrive quand les pressions croissent, et pressons-les toutes avec le même disque de sureau.
SUBSTANCES PRESSKliS.
Vitesse doiiiiaiit
iiiuxiLiium.
Valeur <le a.
Le Sp.itli d'Irlande clivé natuiellemeul Le Liège.
Valeur de(/.
Iiilcnsir éleclriq.
drduiies de la formule lU + rf
3,ii)
Moyenii
On voit donc que, pour les pressions
les intens. éiec. sont x 3,4 4?^ ^•
Les intensités électricjues croissent donc proportionnellement aux pressions, puiscju'en supposant x=ri,5 on aurait des résultats qui diiféreraient peu de ceux qui sont donnés par l'expérience,
I08 DÉGAG. DE l'ÉLEC. PAR PRESSION.
Pressions i 2 3 [\
Inten. éicc. calcul.. i,5 3,o 4»^ ^•
60. Le spath (l'Islande poli, soumis aux inênies expériences que le spath d'Islande clive naturellement , a constamment donné, pour une même j)ression , une quantité d'électricité moins forte que le second, dans le rapport de 2 à 6; c'est-à-dire que dans le spath d'Islande poli, la faculté électrique par pression est à peu près le tiers de ce (ju'elle est dans l'autre. Cette différence est remarquable , attendu que le poli, dans les substances minérales, augmente ordinairement le pouvoir électrique, tandis qu'il diminue dans le spath d'Islande. L'état hygrométrique ne paraît être pour rien dans cette différence, puisque le cristal a été privé d'eau avant l'expérience.
Soumettons à la pression d'autres substances.
SUBSTANCES PRESSÉES. Y ?"■■'" "'"''""' "'*""'•'"*' P"""' Le Lu-ge.
Pressions.
Vitesse.
Valeurs de a.