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par les faire adhérer les unes aux autres; leur séparation doit donc donner des effets électriques analogues à ceux que l'on observe dans le clivage. Voici encore d'autres effets électricjues , qui sont dus également à la destruction de l'attraction moléculaire. Un cône de soufre, qui a été moulé dans un verre et qui adhère à la surface, prend, quand on l'en détache, l'électricité positive, et le verre l'électricité négative. On obtient des effets semblables avec le chocolat et l'acide phosphorique après leur solidification , ainsi qu'avec le proto- chlorure de mercure lorsqu'on l'enlève de la partie supérieure du matras OLi il a été sublimé.
§ XV. Dégagement de ï clectricilé par frottement.
63. Les expériences précédentes laissent déjà entrevoir le rôle que peut jouer Tattraclion moléculaire dans les phénomènes relatifsau dégagement de l'électricité. Voyons jusqu'à quel point cette attraction peut influer sur ces phénomènes.
On croit généralement que le frottement est dû à l'entrelacement léciproque des aspérités qui recouvrent les surfaces de contact; mais est-ce bien là la seule cause du phénomène? L'action des molécules les unes sur les autres n'intervient-elle pas aussi pour exercer une influence sur le frottement ? On cite en faveur de la première opinion , que le frottement est d'autant plus grand que les corps sont plus rudes et plus couverts d'aspérités ; et en faveur de la seconde, que si l'on fait glisser l'uiie sur l'autre deux plaques de marbre ou de verre polies, afin qu'elles se touchent le plus exactement possible, elles finissent par adhérer fortement l'une à l'autre, indépendamment de la pression de l'air, puisque cet effet a encore lieu dans le vide.
On a remarqué en outre que les mêmes corps, après être restés pendant quelque temps en contact , opposaient plus de résistance à leur séparation que dans le premier moment; tout porte donc à croire que l'attrac- II. S
Il4 DÉGAG. d'jÉLEC. P\.R FROTTEMENT.
tlon moléculaire est aussi une des causes du frottement. Celte réaction, en déterminant un dérangement dans ré([uilil)r(; naturel des molécules, doit troubler aussi celui des forces électriques; car on peut poser en j)rincipe, dès à présent, (ju'il y a dégagement d'électricité toutes les fois que les molécules des corps éprouvent un déplacement quelcontpie, ])ien qu'on ne jiuissse jias toujours observerce dégagement. Pourétudier avec méthode le dégagement de l'électricité par flottement, nous commencerons par les métaux , dans lesquels les effets ne sont pas aussi variables que dans les autres corps, (piand il existe de légères différences dans l'état de leurs surfaces. Lors(jue l'on fixe à ('lKU]ue bout du fil d'un nndtiplicateur, à fil court, une placpie de métal différent, et que l'on pose les deux plaques l'une sur l'autre , en les maintenant à la tempéralure de l'air ambiant, il n*y a aucun dérangiMuent tians l'écpiilibi'e des forces électriques; mais [)Oiu- peu qu'on les fasse glisser l'une sur l'autre' avec un léger froUement, chacune d'elles prend aussitôt un excès d'c'lectricité contraire, dont la recojnposilion , par l'intermédiaire du fil du multij)licateur , donne naissance à un courant électrique. En soumettant ainsi à l'expérience un certain nombre de j)laf|ues métailiciues, on forme le tableau suivant, dans lecpiel chaque métal est négatif par rapport à ceux (pii le suivent, et positif relativement à ceux qui le précèdent : bisnmth, nickel, cobalt , palladium, platine, plomb, étain, cuivre, or, argent, zinc, fer, cadmium, ai'senic, antimoine. Cet ordre est précisément le même que celui que l'on obtient avec des circuits fermés, eomj)osés successivement de deux de ces métaux, (|uand on élève la tOmpérature d'une des soudures, l'autre restant constante. Létat eleclri(pie de chaque métal ne change j^as lorsque les surlaces iKs pla(pu's sont dépolies. \a'S elléts produits sont donc dus à la nature particulière de chaque métal, et non à l'état des surfaces. Il est facile de prouver que l'espèce d'électricité acquise par chaque métal est indépendante du plus ou moins de frottement