CHA.PITRE III. III
on leur rend la pression i qui a été enlevée, et l'on répète plusieurs fois ce jeu alternatif de pressions simples et de pressions doubles. On trouve, en définitive, que le discpie de liège ne possède jamais plus que Tintensité u5o, relative à la pression la plus forte.
En considérant la manière dont le dégagement de l'électricité croît dans les corps, par faugmentation de la pression, ne peut-on pas y rapporter certains phénomènes lumineux, dont on ne coiuiaît pas encore bien l'origine? On dit, par exemple, que, dans les mers polaires, il arrive souvent que des blocs de glace, en se, heurtant, font i-ejaillir de la lumière. Ces blocs énormes arrivent à la rencontre les uns des autres , avec des quantités de mouvement considérables, leurs parties constituantes doivent éprouver une com|)ression énorme, qui les constitue chacun dans un état électrique différent; mais aussitôt (jue la compression a cessé, les deux électricités se recondîinent |)our former du fluide neutre, et il en résulte une lumière plus ou moins vive selon la tension de l'électricité dégagée.
§ XIV. Effets électriques de clivage.
62. Je suis conduit naturellement à pai'ler des effets électriques pi'oduits dans le clivage des substances minérales régulièrement cristallisées, en raison des relations qui existent entre ces effets et ceux que l'on observe dans la pression.
Lorsque l'on clive rapidement une lame de mica dans l'obscurité, on aperçoit assez ordinairement une. faible lueur phospbor!({ue. Si l'on fait l'expérience, en fixant avec du mastic, sur cbacune des faces de cette lame, un manche isolant, on trouve que chacune des parties sépaiées possède un excès d'électricité cotîtraire , dont l'iiltensité est d'autant plus grande que la séparation a ete plus vive. On obtient toujours ces résultats, quelque mince que soii la lame de mica ; ainsi il est probable qu'on les aurait encore, si l'on pouvait séparer deux mo-
lia EFFETS ÉLECTRIQUES DE CLIVAGE.
lécules l'une de l'autre, et même leurs parties consli tuantes. Le talc feuilleté du Saint-Gothard , la chaux sulfatée linipidc, la topaze, la baryte sulfatée, le fcldspalli (lu Saint-Ciothard, ainsi que toutes les substances cristallisées qui sont rangées dans la classe des mauvais conducteurs, donnent le même résultat.
Avant de faire ces expériences, il est nécessaire d'enlever aux cristaux l'eau liygrométricjue qui adhère ordijiairement à leur surface, et de s'assurer que les substances, qui se séparent facilement en lames, ne sont pas déjà clivées en partie, comme le mica et la chaux sulfatée nous en offrent souvent des exemples. Deux lames de mica détachées du môme morceau , étant rapprochées et pressées de nouveau, soitent encore de la compression dans les mêmes états électri(pies qu'elles avaient reçus lors du clivage; mais cette propriété est de courte durée. Si l'on veut la leur rendre, il faut élever légèrement la température de celle (|ui avait pris l'électricité négative. Le dégagement de l'électricité dans le clivage n'est soumis à aucune loi, c'est-à-dire que la face semblablement placée de chaque lame ne prend pas toujours la même espèce d'électricité.
63. Une carte dédoublée présente des effets analogues. Que se passe-t-il dans cette action? Les petits filaments dont se composent les cartes sont liés les uns aux autres par une force quelconque que l'on détruit ; il est donc naturel que leur séparation produise des effets sendjiables à ceux que donne le clivage des cristaux. Quand on broie dans un mortier d'agate des minéraux cristallisés , on ne doit pas avoir d'électricité libie, car il y a recomposition immédiate des deux électricités dégagées sur les diverses lamelles qui restent à coté les iMies des autres. C'est ce qui arrive encore lorsqu'on brise des corps qui sont cristallisés irrégulièrement, comme des tubes de verre, des bâtons de gomme laque, etc.
La pression, comme on sait, opère un rapprochement mécanique des molécules , qui finit quelquefois