‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 86 sur 335 · CHAPITRE III. t · texte numérisé non relu

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le soin d'éviter toute élévation de température. M. Delarivo pense qu'il est prouvé par cette expérience que l'action calorifique peut donner naissance aussi bien à une tension qu'à un courant électrique, et que par conséquent on a pu attribuer, dans certains cas, au contact f de deux substances nélérogènes, un développement d'éi lectricité qui n'était dû réellement qu'à l'action calorifî- I que. Nous partageons entièrement son opinion à cet égard. j Nous devons conclure de tous les pbénomènes électriques qui ont été observés jusqu'ici dans le contact des I corps, que, dans presque tous les cas, il y a eu action ( cbimi(jue, et que dès lors on est porté à croire que cette I dernière cause est celle qui exerce le plus d'influence sur [leur production. Néanmoins, dans l'état actuel de la science, on ne doit pas encore abandonner la théorie de Volta, attendu qu'd peut très-bien se faire qu'au contact de deux corps il y ait un dégagement d'électricité résultant d'un connnencement de réaction chimique entre ces corps.

§ XIV. De l'électricité de tension dans les actions chimiques.

85. M. Delarive s'est rendu compte des causes qui font varier l'intensité des effets électriqiics produits dans les actions chimiques, en partant de ce principe, que les deux électricités dégagées se recombinent immédiatement après leur séparation en plus ou moins grande proportion, suivant la conductibilité des corps soumis à l'expérience.

Si Ton. met dans une capsule de platine de l'acide sulfurique étendu d'eau, ou de l'acide nitrique, et qu'on y plonge une lame de zinc ou de fer, l'action est très-vive, et.il doit en résulter un dégagement d'éle(;ti-icité considérable. Dans ce cas, il y a recomposition immédiate d'une grande partie des deux fluides, au contact même du métal et du liquide. En mettant au contraire dans la capsule de l'eau pure ou de l'acide sulfurique concentré deux liquides qui conduisent médiocrement l'électri-

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cité, rarllon chiinKjue ost très-faihle, et les deux fluides dégagés dans cette circonstance ne se reconihlnent que dans une faihle proportion; aussi peut-on en accumuler une (juantité nolaMe sur le condensateur. La condnctibililé électri(|ue joue donc ici un grand rôle dans les pliénomènes de recomposition. aj

M. Delarlve pense que l'on ne doit jamais perdre de vue, dans l'appré-ialion des effets électri(|ues qui se manifestent dans l'action d'un liquide sur un métal, le principe de la transmission plus ou moins facile des deux principes éleclri(|ues, selon la nature relative des conducteurs.

Lorsque l'on plonge, dans de l'acide sulfurique concentré, contenu dans une capsule de platine en coinmu- nication avec l'un des plateaux, du condensateur, des ^ substances non métalliques, telles que du hois , du liège, de la cire, etc., l'acide sulfurique prend l'électricité positive; quant à l'électricité négative, l'imparfaite conductibilité des substances rempécbe de sortir par la main et de neutraliser en entier l'électricité positive de l'acide.

Si donc l'on diminue la facilité (|u"éprouvent les deux principesélectriquesàseiecombiner immédiatement après leur séparation, on obtient des effets électriques qui sont assez forts pour être rendus sensibles au moyen de l'électroscope à feuilles d'or. On en a un exemple en cbauf- ^ fant fortement un creuset de métal et en jetant dedans quelques gouttes d'un liquide capable de l'attaquer; ce liquide réagit plus fortement (pie si le métal était froid. En se vaporisant, il emporte avec lui l'électricité positive, tandis que le métal conserve l'électricité négative qu'il avait prise, et qui ne peut se recombiner avec l'autre. Dans le cas où la quantité de litjuide est trop considérable et que la vaporisation n'est pas assez forte, l'effet est presque nul, parce que toute l'électricité positive, n'étant pas emportée par la vapeur, se recombine avec l'électricité négative du métal.

Ce procédé pour obtenir de l'électricité de tension, dans les actions cbimiques est le plus fevorable de tous

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