‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme et de leurs rapports avec les phénomènes naturelsChapitre 85 sur 335 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

quelle certitude on peut avoir que, soit dans le vide, soit dans les gaz, où le condensateur était placé, il n'y ait pas de trace d'humidité. Or, il suffît, ajoute-t-11 , d'une légère action chimique , exercée sur la surface par l'air ou par le milieu ambiant quelconque, pour déterminer le dégagement d'électricité observé.

Il a cherché à démontrer ensuite que c'est bien à l'action chimique qu'est dû le développement de l'électricité dans l'expérience du condensateur formé de deux disques hétérogènes. Il a pris deux disques de zinc semblables, pour les dimensions , aux deux disques en laiton d'un condensateur ; il a soudé à chacun un bout de laiton, puis il a recouvert leur surface intérieuie d'une couche mince de vernis de gomme laque, afin de les transformer en plateau d'un condensateur. Il a recouvert aussi entièrement d'une couche de même vernis la surface extéiieure de l'un des disques de zinc, afin de lui enlever le contact immédiat avec l'air. Il a fait diverses expériences en formant le condensateur, tantôt avec les deux disques de zinc, tantôt seulement avec l'un d'eux et avec un disque de laiton.

Quand il se servait du disque de zinc, dont la surface était recouverte partout de vernis, il obtenait des résultats électriques moins marqués qu'avec l'autre. Ayant présumé que l'électricité tiès-faible ipii était développée avec le plateau de zinc verni, provenait de ce que la couche dont il était recouvert était tropniince pour intercepter conq^létement toute action chimique de l'air et de l'humidité, il augmenta successivement l'épaisseur de la couche, jusqu'à ce que le plateau cessât de donner des signes d'électricité. Il en conclut que l'air humide exerçait son action sur la surface du zinc, au travers du vernis, et que, lorsqu'un plateau de zinc est mis entièrement à l'abri de celte action, au moyen d'une couche de vernis, il ne devient point électrique dans son contact avec une tige de laiton. Dans ce cas, ce plateau se conduit connue un plateau homogène de laiton; car si l'on touche le laiton, qui est soudé à la surface du zinc, avec le cuivre d'un couple voUaïque',

i/j4 kff. i'lkc. dans lf: cour, des corps cond.

oti lui communique rélectricité négative. On obtient même résultat en mettant on couimunication les diiix bouts de laiton. Il s'agirait d'examiner si en augmentant le nombre des couches de vernis, on ne diminue pas la faculté condensante des plateaux au point ' l'annuler tout-à-fait.

Le plateau inactif de zinc, mis en communication avec différentes sources d'électricité, se charge d'électricité négative, comme d'électricité positive. M. Delarive a reconnu que dans les mêmes circonstances et avec le même appareil, le plateau inactif cuivre-zinc du condensateur se charge plus facilement et en plus grande quantité d'électricité positive (jue d'électricité négative.

On savait que l'électricité, lorsqu'elle est très-faible, éprouve un obstacle dans sa transmission , quand elle passe d'un conducteur dans un autre. jM. Delarive chercha à découvrir si l'obstacle était plus ou moins grand,' suivant l'ordre dans lequel les deux conducteurs se succéderaient l'un à l'autre. H découvrit que l'électricité positive passe plus facilement du cuivre au zinc que du zinc au cuivre, et que c'est l'inverse pour l'électricité négative, ('ette propriété remarquable des conducteurs hétérogènes peut servir à expli([uer des anomalies cpie présentent quelques phénomènes électro-chimiques dont je vais parler dans un instant.

84. M. Delarive, prenant en considération les recher elles que j'ai faites sur les phénomènes thermo-électriques, a examiné quelle était l'influence de l'action calorifique sur la production de l'électricité de tension dans le contact de deux corps solides hétérogènes. Ayant soudé à l'un des pla4:eaux du condensateur en zinc une petite tige de platine, et ayant recouvert ce plateau sur toute 1 sa surface d'une couche épaisse de vernis, il s'aperçut que la plus petite élévation de température opérée sur l'extrémité de la tige de platine, donnait des signes électriques ; le jjlateau de zinc acquérait une petite charge d'électricité positive. Il observa en outre qu'il n'y avait aucun effet de produit lorsqu'on avait

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