CHAPITRE PREMIER
grand nombre de phénomènes naturels, nous allons essayer de la traiter aussi complètement que le permet l’état actuel de la science. Le moyen le plus direct pour y parvenir, est de faire connaître toutes les causes qui peuvent donner lieu a un dégagement d’électricité dans l’intérieur du globe; mais il faut pour cela prendre la terre à sou origine et suivre, pour ainsi dire pas à pas, les changements qu’elle a éprouvés depuis son origine jusqu’à nos jours, sans cependant entrer dans des détails qui nous éloigneraient trop- du but que nous nous proposons. Nous présenterons d’abord les faits, puis les hypothèses que l’on a imaginées pour les expliquer ; nous en discuterons le mérite, et nous aborderons ensuite la question des courants électriques terrestres.
§ II. Effets généraux observés à la surface clu globe.
i iç)5. Lorsqu’un voyageur parcourt un pays de plaines, il rencontre fréquemment sous le sol des dépôts en couches horizontales de substances renfermant des débris de corps organisés, qui sont souvent dans un état parfait de conservation, tels que des coquilles pourvues encore de leurs tests, de leurs pointes et de leurs contours les plus délicats. Il admet sur-le-champ que ces dépôts ont été formés par des eaux qui ont séjourné longtemps dans ces localités. Mais s’il se transporte sur les hautes montagnes ou dans les vallées, la scène change: il voit de tous côtés des monceaux de ruines qui lui annoncent que des révolutions et des catastrophes violentes ont bouleversé la surface du globe dans plusieurs parties. Ces dépôts qui se trouvaient dans les plaines en couches horizontales, sont ici relevés, et d’autant plus qu’ils sont rapprochés davantage des hautes chaînes. Leur inclinaison est la même, mais en sens inverse sur les revers opposés. Ces faits lui annoncent donc qu’une cause intérieure a soulevé la surface du globe, l’a déchirée et a produit ces montagnes qui la sillonnent dans tous les sens. Son étonnement redouble encore quand
l5o EFFETS GÉN. OBSERVÉS A LA SURF. DU GLOBE.
il reconnaît que ces monceaux de ruines, ces dépôts, en couches souvent presque verticales, sont recouverts quelquefois d’autres dépôts formés par des eaux tranquilles, et qui se trouvent par conséquent dans une position horizontale; dès lors il reste convaincu que le globe a éprouvé des alternatives de trouble et de calme pendant lesquelles la nature a agi d’abord avec violence, ensuite avec beaucoup de lenteur.
1196. Les géologues, d’après les observations de de Saussure sur les pouddings de la Yalorsnie, croient généralement que les terrains de sédiment, dont les couches sont plus ou moins inclinées à l’horizon, ont été déplacés, soulevés par une cause violente venue de l’intérieur de la terre, qui a agi après leur formation et a donné aux diverses aspérités du globe des caractères particuliers.
Ces causes n’ayant pas agi aux mêmes époques, il en est résulté plusieurs classes de montagnes, qui se distinguent entre e!les par la direction qu’elles affectent.
C’est ainsi que M. Léopold de Buch a montré que le sol de l’Allemagne pouvait se diviser en quatre classes ou systèmes. Mais il restait à déterminer l âge relatif des montagnes, c’est-à-dire la classification par époque des soulèvements successifs qui ont donné à la surface terrestre sa configuration actuelle. Cet important travail a été exécuté par M. Élie de Beaumont de la manière la plus remarquable.
1 19-7. Les gneiss, les granités, etc. , sont les terrains qui paraissent les plus anciennement formés. Ce sont ces formations qui, par l’effet des soulèvements ou des ridements, pour nous conformer aux idées de M. Elie de Beaumont, traversent les terrains de nouvelle formation et apparaissent au-dessus sous la forme de pics ou d’aiguilles. Ces grandes masses de roches, qui forment en quelque sorte la charpente de l’écorce de notre' globe, proviennent-elles d’une dissolution aqueuse ou d’une dissolution ignée? Ces deux opinions ont partagé longtemps les géologues en deux classes , les neptuniens et les