CHAPITRE PREMIER
trouvée sensible au Vésuve dans un amas formé depuis dix ans. La surface des laves est ordinairement scorifiée et criblée de petites ouvertures par lesquelles se sont échappés les gaz renfermés dans l’intérieur.
Outre les phénomènes dont on vient de parler, il existe encore dans certains volcans des éruptions boueuses auxquelles sont dus les courants de même nature qui suivent diverses directions sur les flancs des montagnes, comme les laves incandescentes. L’existence de ces éruptions a été constatée par M. de Humboldt dans les volcans en activité du nouveau monde. La remarque faite par ce célèbre voyageur d’une quantité innombrable de petits poissons rejetés dans l’éruption d’un volcan du Mexique, ne laisse aucun doute à cet égard; car si la lave eût été primitivement à l’état d’incandescence, il ne serait resté aucun vestige de la matière animale. Ces poissons étaient en si grand nombre que leur putréfaction répandit dans l’air une odeur infecte qui occasionna des maladies épidémiques. La lave qui renfermait les détritus de ces poissons s’est changée en une espèce de porphyre que les naturels du pays exploitent pour s’en servir comme de combustible.
Il existe une différence bien marquée entre les terrains volcaniques de l’ancien monde et ceux du nouveau. Les premiers ont la forme d’un pain de sucre, et la matière est continuellement rejetée de manière à l’augmenter en hauteur; dans les terrains volcaniques du nouveau monde, il y a quelquefois soulèvement de terrain, et les éruptions se font par des cheminées dans l’axe du cône soulevé. De plus , les volcans de notre continent sont toujours dans des pays de montagnes, à peu de distance de la mer, tandis que ceux de l’Amérique sont situés assez loin des cotes et sur des plateaux assez élevés pour que les laves ne puissent s’épancher à leur surface.
Les éruptions d’un même volcan ont souvent lieu à des époques éloignées; on a remarqué qu’elles sont d’autant plus rares que les montagnes volcaniques sont plus élevées.