‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 106 sur 208 · I OU DES PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES · texte numérisé non relu

I OU DES PHÉNOMÈNES VOLCANIQUES

clans l’état de la température, tels sont les signes avantcoureurs d’une éruption volcanique. Cette éruption commence ordinairement par une colonne de fumée épaisse , qui s’élève à une hauteur prodigieuse et finit, quand elle n’a plus de vitesse de projection , par se refouler sur elle-même, de manière à former une série de sphères de vapeurs aqueuses qui, se condensant par le froid des régions supérieures, retombent en pluies abondantes, accompagnées de tonnerres effroyables. Du milieu de cette colonne s’élève une gerbe de feu , visible seulement à sa partie supérieure. Cet ensemble de fumée et de flammes, sillonnées dans tous les sens par la foudre, forme le tableau le plus imposant que la nature puisse nous offrir. Bientôt après, il sort du cratère, avec une vitesse excessive, des pierres incandescentes et une quantité incroyable de cendres d’une si grande ténuité qu’elles peuvent être transportées par le vent à des distances considérables. Ces cendres ne retombent pas toujours sèches sur le sol, car elles sont fréquemment pénétrées de vapeurs aqueuses; des laves en ignition et des produits boueux arrivent ensuite. Ces laves proviennent de substances liquéfiées dans les foyers du volcan , et sont lancées en dehors par la force expansive des fluides élastiques qui se dégagent dans les mêmes foyers; leur surface est agitée par de forts bouillonnements d’ou s’échappent du gaz et de la fumée bleuâtre, formée de sel marin ou d’autres substances. Ces laves, en sortant par les bords du cratère, suivent les directions les plus favorables que le terrain leur présente. Au contact de l’air, leur surface, en se refroidissant, se solidifie, et la lave continue â couler dessous jusqu’à ce qu’il se présente un obstacle; alors elle s’y arrête, s’y amoncelle, finit par monter sur la partie solidifiée et continue son cours comme au para vaut, jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par un nouvel obstacle. Il arrive souvent que la lave, s’accumulant dans certains endroits , conserve la chaleur si longtemps, en raison de la mauvaise conductibilité des éléments qui la composent, que Dolomieu assure l’avoir

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