‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 109 sur 208 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

bal, situé très-près de la ligne équinoxiale, lui a donné en outre de la vapeur de soufre, et comme produits accidentels, de l’acide sulfureux et de l’azote; on voit, d’après cela, que l’acide hydro-chlorique , l’hydrogène et l’azote ne font pas partie des gaz qui se dégagent des volcans de l’équateur américain.

§ IV. Hypothèses imaginées pour expliquer les phèn omettes gèol ogiq u es .

i 200. Voilà les faits les plus importants qui peuvent nous éclairer sur la nature des réactions chimiques violentes qui s’opèrent dans l’intérieur du globe. Arrivons actuellement aux hypothèses les plus admissibles qu’on a imaginées pour expliquer non-seulement toutes les actions chimiques qui ont eu heu depuis que la terre est formée jusqu’à nos jours, mais encore les effets électriques cpii en résultent et auxquels on attribue le magnétisme terrestre et d’autres phénomènes dont il sera parlé ci-après. La plupart de nos assertions seront conformes aux idées d’Ainpère.

Herschel, pour expliquer la formation de notre globe, a admis que a matière dont tous les astres sont formés a été d’abord à l’état gazeux. Voici les observations qui lui ont servi à établir cette théorie : Les nébuleuses se montrent à nous sous divers aspects; les unes ne présentent qu’une lumière diffuse et homogène, les autres nous offrent, au milieu de cette meme lumière, des points plus brillants qui semblent annoncer un rapprochement plus grand entre les parties et par suite des noyaux liquides ou solides. L’éclat de ces points augmente en intensité à mesure que la lumière diffuse s’affaiblit. Ces apparences paraissent indiquer les diverses phases qu’éprouvent les corps célestes dans leur formation. Ch arque nébuleuse serait donc le germe d’un système de monde analogue à notre système planétaire.

îaoi. Ampère, en partant de ces idées, supposé que

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tous les corps qui ont concouru à la formation de notre système planétaire possédaient une température plus élevée que celle à laquelle celui de tous les corps qui est le moins volatil resterait à l’état liquide. Le refroidissement s’effectuant peu à peu, par le rayonnement dans les espaces célestes, il sera arrivé un instant ou il y aura eu un premier dépôt, formé d’une seule substance simple ou composée, attendu qu’il serait difficile d’admettre que deux substances différentes se liquéfiassent précisément au même degré de température. Cette masse liquide, en raison de l’attraction mutuelle de ses parties, aura pris la forme d’un sphéroïde aplati, si elle était soumise à un mouvement de rotation sur elle-même. Le refroidissement continuant, une seconde substance gazeuse se sera liquéfiée et aura formé un dépôt concentrique sur le premier noyau. Il se sera déposé ainsi diverses substances qui auront passé de l’état gazeux a l’état 'solide par suite de refroidissements successifs. Les parties centrales devaient toujours posséder une température supérieure à celle des couches extérieures.

Jusqu’ici nous avons négligé la réaction chimique que les diverses substances, qui passaient a l’état liquide ou à l’état gazeux, pouvaient exercer les unes sur les autres.. Voyons ce qui a dû alors arriver.

Lorsqu’une seconde couche s’est déposée à l’état liquide ou à l’état solide, il a dû en résulter une action chimique, de nouvelles combinaisons solides et liquides, un dégagement de chaleur, des explosions et des déchirements, et même retour à l’état gazeux de quelquesuns des éléments contenus dans les couches déjà formées; puis soulèvement de la surface dans quelques parties ; des couches inférieures qui étaient d’abord solidifiées, ont donc pu revenir à l’état liquide. Dans ce cas, le maximum d’élévation de température devait se trouver non au centre, mais au contact même des couches, dont les parties réagissaient les unes sur les autres.

On conçoit que les phénomènes que nous venons de décrire, sur la première couche qui se trouvait à l’état

Clf A PITRE PRtMÎEÏt.

liquide, ont dû se répéter chaque fois qu’il s’en formait de nouvelles capables de réagir chimiquement sur les parties constituantes de la couche formée antérieurement.

11 a pu se faire que deux couches contiguës n’exerçassent aucune action l’une sur l’autre, mais que celle qui était placée au-dessus, en pénétrant par des fissures, arrivât jusqu’à une couche attaquable. Dans ce cas, il a dû résulter des explosions capables de soulever les croûtes déjà formées. Voilà comme on peut expliquer les révolutions qui ont changé, à diverses époques, la configuration du globe. D’après cette manière de voir, la température de la terre, au lieu de se refroidir graduellement, aura dû s’élever d’une manière brusque , toutes les fois que les réactions chimiques dont on vient de parler se seront produites. Il sera arrivé un point où il n’y aura plus eu que l’eau qui aura réagi chimiquement.

Ampère regarde la présence de la grande quantité d’azote qui se trouve dans l’atmosphère comme une preuve des bouleversements qu’a produits sur le globe la décomposition des corps oxigénés par les métaux. Il pense que cet azote a dû être combiné dans l’origine avec Poxigène, de manière à produire de l’acide nitreux et de l’acide nitrique. Tout l’oxigène de ces acides aura servi à former la silice, l’alumine, la chaux, etc. L’oxigène qui reste dans l’atmosphère est précisément celui qui n’est pas entré en combinaison. Il est bien certain que lorsque l’acide nitrique a réagi sur les métaux, il s’est formé bientôt une couche oxidée avec un dégagement considérable de chaleur qui a dû volatiliser une portion des liquides déjà produits. Le refroidissement continuant, il se sera formé un vaste océan d’acide nitrique qui n’aura pas attaqué la couche oxidée; la quantité d’acide augmentant chaque jour, il aura pénétré par des fissures dans l’intérieur, et il en sera résulté des actions violentes qui auront fait voler la croûte en éclats.

Tous ces phénomènes auront diminué d’intensité à mesure que la croûte aura pris plus d’épaisseur ; mais

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aussi plus les cataclysmes devenaient rares, plus ils étaient violents. On conçoit alors (jue la terre a dû se hérisserde montagnes provenant des éclatsde la croûte soulevée suivant diverses inclinaisons. Il sera arrivé un instant où la terre n’aura plus été entourée <jue d’une atmosphère formée de fluides élastiques permanents dans des proportions fort différentes: par exemple, dans ces premiers temps, comme portent à le croire les observations de M. Ad. Brongniart, l’atmosphère renfermait une plus grande quantité d’acide carbonique qu’elle n’en contient aujourd’hui. Cette atmosphère était impropre à la respiration, mais devait contribuer puissamment à la végétation, qui trouvait dans l’air une plus grande quantité de carbone qu’il ne peut lui en fournir aujourd’hui. Cette puissance de la végétation était favorisée par un plus haut degré de température.

Voilà comme on peut concevoir l’apparition des végétaux gigantesques avant celle des animaux.

On voit parfaitement que toutes les fois qu’il y avait un grand cataclysme, la température du globe s’élevait considérablement et devait empêcher le développement de tout corps organisé, jusqu’à ce que la température fût abaissée; c’est ce que prouve effectivement l’existence de couches exemptes de corps organisés entre des couches qui nous offrent des débris nombreux de ces corps.

C’est à cette époque que les débris des forêts, en se décomposant, auront donné naissance aux grands amas de houille.

Aujourd’hui que la croûte d’oxide qui nous sépare du noyau non oxidé a une grande épaisseur, les bouleversements sont devenus très-rares ; la résistance qu’elle oppose est telle que lorsqu’il y a une fissure, l’explosion se fait isolément. Ces effets ne s’étendent point à toute la terre; quoique le choc se propage à de grandes distances, il ne s’opère que des déjections partielles.

L’existence d’une couche non oxidée, signalée par Davy et admise par Ampère, permet d’expliquer les volcans, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’hypo-

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