‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 110 sur 208 · CHAPITRE PREMIER. I 5g · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I 5g

thèse (Furie chaleur énorme que posséderaient les parties centrales de la terre.

D’après cette manière de voir, un volcan ne serait autre chose qu’une fissure permanente qui servirait à établir la communication entre la couche non oxidée et les liquides qui se trouvent à la surface du globe. Quand le contact a lieu, il se produit des élévations de terrain, puisque les substances non oxidées en s’oxidant augmentent de volume. Quand la réaction a lieu, c’est au contact des deux corps que se dégage le plus de chaleur, laquelle se propage dans le globe, au-dessus et au-dessous.

La théorie de M. Ampère paraît être opposée à l’hypothèse de ceux qui admettent une chaleur centrale qui tient en fusion toutes les substances qui forment le noyau du globe. Suivant lui, si cette liquidité du noyau de la terre existait, la lune exercerait sur la masse de liquide une action d’où résulterait des marées analogues à celles de nos mers, dont les effets, sur l’enveloppe de la terre, seraient terribles en raison de l’étendue et de la densité du liquide.

i 202. Reprenons la théorie deDavy, et par suite celle d’Am père, pour faire connaître les objections qu’on y a faites.

Davy, aussitôt après la découverte des métaux, des terres et des alcalis, supposa que ces mêmes métaux existaient à de grandes profondeurs dans la terre et que leur contact, avec l’eau produisait tous les effets volcaniques connus. Suivant ce célèbre chimiste, les changements qui produisent les feux volcaniques ont lieu dans d’immenses cavités souterraines, où l’air pénètre jusqu’aux substances actives, longtemps avant que celles-ci atteignent la surface extérieure.

Le tonnerre souterrain entendu à de si grandes distances sous le Vésuve est, suivant lui, presque une démonstration de grandes cavités souterraines, remplies de substances aériformes. Quand le volcan est tranquille, elles doivent se remplir d’air atmosphérique. L’air et la vapeur d’eau renfermés dans ces cavités, agissant sur

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les métaux des terres, sont la cause des phénomènes volcaniques. Si les laves peuvent être ainsi formées, le phénomène entier se trouve expliqué par Faction de l’eau de mer et de l’air sur les métaux. Le voisinage des grands volcans, des cotes de la mer, vient h l’appui de cette explication. Quand ils en sont plus éloignés, comme ceux de l’Amérique du Sud, l’eau peut venir de grands lacs souterrains, dont M. de Humboldta signalé l’existence, en indiquant des poissons dans des produits volcaniques.

i*2o3. M. Gay-Lussac a fait à cette théorie des objections sérieuses: Comment l’air pourrait-il pénétrer dans les foyers volcaniques, quand il y existe du dedans au dehors une pression que l’on peut évaluer à 3oo atmosphères environ, puisqu’elle élève la lave, trois fois plus pesante que l’eau, à une hauteur de plus de mille mètres.

Si l’air pouvait s’y introduire, les tremblements de terre, suivant la manière de voir de Davy, deviendraient impossibles. D’un autre coté, si les actions volcaniques étaient dues à la décomposition de l’eau par les métaux, des terres et des alcalis, il devrait y avoir un dégagement énorme de gaz hydrogène; or, on n’aperçoit jamais aucune inflammation de ce gaz au-dessus du cratère. Il pourrait se faire cependant que ce gaz, en se combinant avec le chlore, formât de l’acide hydro-chlorique ; mais dans ce cas la quantité de cet. acide devrait être plus considérable qu’elle n’est réellement.

Suivant M. Gay-Lussac, les phénomènes volcaniques pourraient être dus à Faction des eaux de la mer sur les chlorures des métaux, des terres et des alcalis, laquelle dégage probablement assez de chaleur pour vaporiser de l’eau, décomposer le sel marin, et produire tous les autres effets. Quant à la formation de Facide sulfureux, il faudrait admettre qu’il existe avec les chlorures, des sulfures qui sont également décomposés par la haute température des réactions chimiques. Alors le soufre en vapeur, s’élevant avec les autres matières, se changerait en acide sulfureux aussitôt qu’il aurait le contact de l’air.

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