CHAPITRE PREMIER
gagées dans les points mêmes où la réaction chimique s’effectuait. Mais lorsque plusieurs de ces substances se gazéifiaient, elles emportaient avec elles une des deux électricités dont l’espèce dépendait de la nature de ces substances. La foudre devait sillonner alors continuellement les amas de vapeurs qui entouraient le noyau primitif, absolument comme dans les éruptions volcaniques où il arrive fréquemment que les vapeurs aqueuses qui se condensent par le froid des régions supérieures, retombent en pluies abondantes, accompagnées de coups de tonnerre.
Les courants électriques devaient alors être peu sensibles, parce que leur production exige la présence d’un troisième corps inerte, en contact avec deux autres qui réagissent chimiquement l’un sur l’autre.
Mais lorsqu’il est arrivé que deux couches contiguës n’exerçaient aucune action l’une sur l’autre, et que celle qui était au-dessus pénétrait par des fissures jusqu’à une couche attaquable, il a dû se produire des courants électriques, toutes les fois que les couches intermédiaires étaient conductrices de l’électricité.
Des effets semblables auront eu lieu quand, par suite de boursouflements de la croûte et du refroidissement, des vides se sont formés entre les diverses couches déjà déposées, lesquels auront été remplis de liquides ou d’autres corps conducteurs.
1206. Nous avons vu précédemment qu'il existe dans tous les pays à volcans une communication permanente entre l’intérieur de la terre et sa surface, au moyen de nombreuses fissures par lesquelles s’infiltrent les eaux de la mer qui vont réagir, soit sur les métaux des terres et des alcalis, soit sur les chlorures métalliques, et d’où résultent des effets électriques tels, que les métaux prennent l’électricité négative, la vapeur d’eau et les gaz l’électricité positive. Une partie de cette dernière électricité est apportée dans l’atmosphère par les déjections volcaniques, l’autre ten d à se combiner avec l’électricité négative des bases , eu suivant tous les corps conducteurs
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qui établissent la communication entre les métaux ou leurs chlorures et les substances solides, liquides et gazeuses qui remplissent les fissures. On conçoit dès lors qu’il doit circuler dans l’intérieur du globe une foule de courants électriques partiels, qui produisent des réactions électro-chimiques, dont nous ne pouvons apprécier toute l’étendue, mais qui bien certainement donnent naissance à de nombreux composés.
Tout porte donc à croire qu’il existe dans la terre, jusqu’à une certaine profondeur, une multitude de courants électriques dirigés dans toutes sortes de sens , et dont la résultante doit exercer une action sur l’aiguille aimantée. Peut-être cette résultante est-elle la cause du magnétisme terrestre ; c’est, une question que nous discuterons plus en détail en traitant des phénomènes du magnétisme du globe.
Ce ne sont pas là de simples conjectures, mais bien des conséquences rigoureuses de faits bien constatés, puisque nous savons que les vapeurs qui sortent des cratères dans les éruptions, apportent avec elles une quantité suffisante d’électricité pour que la foudre gronde quand ces vapeurs se résolvent en pluie.
1207. Voyons maintenant si d’autres causes que des réactions chimiques 11e donneraient pas naissance aussi à des courants électriques terrestres.
On a dit que le mouvement de rotation qu’éprouve la terre pouvait faire naître des courants : on s’appuyait pour cela sur l’action que l’aiguille aimantée éprouve de la part d’un disque tournant; mais cet effet ne peut s’appliquer au cas du globe terrestre, attendu que l’aiguille participe à son mouvement propre et qu elle est par rapport à lui dans un repos relatif.
1208. O11 a avancé aussi que l’accroissement régulier de la température, en pénétrant dans la terre, indique l’état croissant de la chaleur au centre, et qu’il doit exister dès lors dans la croûte de la terre des courants thermoélectriques, produits par la différence de température entre les points de cette surface que réchauffe le soleil