CHAPITRE PREMIER
et ceux qu’il n’a pas encore échauffés. Mais on ne conçoit pas comment une différence de température aussi faible, jointe à une conductibilité aussi mauvaise pour la chaleur ou l’électricité que celle de la plupart des corps qui forment la surface, pourrait transmettre les courants. Dans l’état actuel des choses, on est donc forcé d’avoir recours à une origine électro-chimique pour expliquer l’existence des courants électriques qui sont censés produire le magnétisme terrestre.
§ VI. Des tentatives faites pour reconnaitre les courants électriques existant dans les filons.
1209. Les courants électriques peuvent être rendus sensibles à nos yeux, quand ds circulent dans des corps conducteurs, au moyen de l’aiguille aimantée placée dans leur sphère d’activité, de conducteurs métalliques en communication avec un galvanomètre dont les deux extrémités communiquent avec deux portions de ces conducteurs, ou bien à l’aide d’effets électro-chimiques.
1210. S’il s’agit de constater l’existence de courants dans les filons, il faut mettre en contact deux portions du filon avec les deux extrémités du multiplicateur; mais on ne peut obtenir des effets qu’autant que ces deux portions sont formées de substances conductrices, à moins qu’elles 11e possèdent chacune une charge d’électricité libre dénaturé contraire, dont la recomposition produit un courant instantané. Ainsi, avant de se livrer à des recherches de ce genre, il faut s’assurer si les diverses substances qui se trouvent ordinairement dans les filons, et sur lesquelles on applique les conducteurs, sont rangées parmi les corps que nous considérons comme bons cond ucteurs.
M. Fox, qui a fait quelques expériences à ce sujet, a déterminé la conductibdité relative d’un certain nombre de substances minérales, lorsqu’on les plonge dans l’eau ou dans différentes solutions acides et alcalines ; il a formé le tableau suivant dans lequel chaque substance est né-
J 66 TENT. FAITES FOUR RECOtf. LES COUR. ÉLEC., ETC.
gative par rapport à celle qui la suit : il ne dit pas quel liquide il a employé, nous devons supposer que c’est l’eau :
Peroxide de manganèse.
Rhodium.
Aimant.
Platine.
Pyrites arsenicales.
Plombagine.
Pyrites de fer.
Cobalt arsenical.
Pyrites cuivreuses.
Cuivre rouge.
Galène.
Or natif.
Nickel cuprifère.
Cuivre vitreux.
Argent.
Cuivre.
12 ii. M. Fox a comparé les effets électro-chimiques de divers couples métallifères, plongés dans plusieurs dissolutions. Les résultats qu’il a obtenus en faisant usage successivement d’eau de mer et d’acide bydrocbîorique étendu de 3o parties d’eau, sont consignés dans le tableau suivant : nous ferons remarquer que les résultats sont souvent, modifiés, comme on devait s’y attendre, d’une manière bien marquée, suivant que les corps sont exposés plus ou moins de temps à l’action des solutions. Nous avons exposé avec trop de détails tout ce qui concerne les effets électro-chimiques produits dans cette circonstance pour que nous nous y arrêtions de nouveau.