CHAPITRE III
Les pacos renferment aussi du plomb phosphaté prismatique, entre la formation porphyrique et la formation schisteuse, mais jamais dans la partie supérieure : par conséquent ils ont été formés dans la partie inférieure à la limite de la formation des pacos. Les plombs phosphatés qu’on rencontre dans cette région sont toujours à l’état de concrétion ou de houppes soyeuses : c’est là aussi oii se trouvent les plombs carbonates et une substance gela t i neuse qui remplit les géodes dans lesquelles les phosphates et les carbonates se sont déposés. Il y a trèspeu de carbonate de plomb dans l’affleurement du filon; on y trouve seulement du plomb sulfaté et du sulfo-carbonate, ainsi que du plomb noir.
Au milieu des pacos, non loin des sulfo-carbonates , se montre le fer résinite dont la formation est bien réellement moderne.
Nous avons observé une substance organique résiniforme sur les parois du mur, qui semble découler d’une exploitation supérieure: tout porte à croire qu’elle provient de la décomposition des boisages.
L’alun de plume abonde au toit du filon; il provient de la décomposition d’une roche alumineuse et pyritifère, appelée roche verte, qui semble faire partie du filon; elle est constamment en décomposition partout où on la rencontre.
Les schistes pyriteux, dans les mêmes parages, donnent naissance à des sulfates de fer qui cristallisent là où il y a peu d’eau. La température, dans cette localité, est de 9.6 degrés centigrades, ce qui annonce de nombreuses réactions chimiques. Les eaux pénètrent rapidement au fond des travaux, en raison de la nature fendillée du filon; dans les parties supérieures, il y a peu d’infiltration, seulement la région des pacos qui correspond au système porphyrique en présente quelques-unes.
Les eaux, quand elles sortent de la roche encaissante, sont peu vitrioliques ; mais elles le deviennent successivement. Elles renferment aussi beaucoup de chlorure de sodium.
I90 DU FILON d’hüELGOAT.
. On trouve clu plomb gomme à la rencontre des massifs de galène et de pacos. Enfin les porphyres, dans le voisinage du filon et du jour, sont décomposés et amenés à l’état d’argile.
M. Paillette, qui a fait un séjour de plusieurs années à Huelgoat, a donné quelques vues théoriques sur les formations modernes qu’il a observées dans le principal filon de cette contrée; nous y aurons égard dans l’exposé que nous allons présenter des changements qui ont amené leur production.
On est porté à croire que dans une région qui ne dépasse pas le niveau des vallées d’érosion, le filon renfermait d’abord des pyrites de fer argentifère, du zinc sulfuré, quelques pyrites cuivreuses, une petite quantité de cuivre gris, du sulfure d’antimoine et de la galène argentifère. Au-dessous il existait comme aujourd’hui un dépôt beaucoup plus étendu de galène argentifère, de blende et de quelques pyrites ferrifères et cuivreuses .
Les eaux qui ont produit les vallées d’érosion étaient probablement plus chargées de sel marin qu’elles ne le sont maintenant, quoiqu’elles en renferment encore une quantité assez notable; elles ont pénétré dans l’intérieur du filon, en raison de la nature perméable de la roche encaissante. Ces eaux qui entraînent avec elles de l’air atmosphérique, en réagissant sur les parties constituantes du filon, ont dû produire des sulfates de fer, de cuivre, de zinc et meme de plomb; de l’argent métallique a été abandonné par les pyrites et la galène. Les sulfates des métaux les plus oxidables, une fois formés, auront réagi énergiquement sur les substances environnantes, ainsi que sur les parois du filon. Or, ces parois, là ou il existe le plus de pyrites, étant formées de porphyre très-feldspathique et de schiste, il en sera résulté les réactions suivantes : le feldspath perdant son silicate de potasse, une partie de l’acide sulfurique des sulfates se sera combinée avec la potasse; les eaux auront enlevé le sulfate alcalin , la silice se sera déposée en gelée sur des morceaux de