CHAPITRE III
tion ensuite à l’extérieur en brisant ces roches, et à l’instant de son contact avec l’air, il aura pu s’enflammer, a la manière des météores qui voltigent quelquefois à la surface de la terre, dans certaines localités.
Les gangues ordinaires du fer spathique sont le quartz, la barite sulfatée; il est accompagné de fragments de diverses roches, de pyrites de fer et de cuivre, de galène, de cuivre gris, de fer oxidé magnétique, etc. , qui éprouvent des effets plus ou moins marqués de la décomposition du fer spathique. Quelques exemples donneront une idée des réactions qui s’y opèrent. M. Chapert a trouvé dans une mine de fer spathique, abandonnée depuis longtemps, un morceau de bois recouvert de cuivre carbonate vert soyeux, qui provenait indubitablement de la décomposition des pyrites cuivreuses. Dans la meme localité, il a recueilli des cristaux d’arragonite , qui peuvent avoir été produits par le remaniement du carbonate de chaux.
Dans une des mines de fer d’Allemont, appelée la mine du Grand-Bois, et dont le minerai est complètement décomposé par suite des influences atmosphériques, on trouve plusieurs substances qui sont évidemment de nouvelle formation , entre autres du carbonate et du sulfate de plomb, qui ont dû être produits par la décomposition du sulfure; du sulfate de chaux cristallisé, du cuivre carbonate vert soyeux, sur des morceaux de quartz, du fer hématite concretionné , recouvert de peroxide de manganèse d’un brillant argentin.
Nous allons maintenant passer en revue les principales observations que l’on a faites dans quelques filons ou les phénomènes de décomposition sont bien marqués.
§ II. Du filon cV Huelgoat.
1 a85. Le filon d’Huelgoat en Bretagne peut être considéré comme classique par les personnes qui s’occupent des actions lentes ;car i l est impossible de trouver un plus grand nombre de formations modernes que dans cette localité, où l’eau ruisselle de toutes parts, et où l’on trouve par-
1 88 BU FILON d’hüELGOAT.
tout des traces de décomposition, même dans les roches encaissantes : c’est pour ce motif que nous commencerons par Huelgoat l’examen des formations minérales modernes.
Ce filon a pour roche encaissante des schistes à débris coquilliers, un porphyre quartzifère, un pouddingue porlyrique très-perméable à l’eau, des schistes alumineux et pyritifères, une brèche pyriteuse amphibolique et feldspathique , contenant des veines de carbonate de chaux, etc.
Voici un aperçu général de son état actuel : les matières et roches encaissantes sont d’autant pius altérées qu’elles sont plus rapprochées de la surface du sol. La partie supérieure du filon est composée depacos, qui sont des quartz plus ou moins ferrifères, renfermant de l’argent métallique, du chlorure d’argent et des pyrites cuivreuses argentifères; la partie inférieure renferme principalement des galènes. Les pacos sont d’autant plus riches qu’ils sont plus rapprochés du plomb. On trouve, en partant de l’affleurement, absence totale de plomb, du chlorure d’argent, qui est plus abondant, à mesure qu’on descend; l’argent métallique se montre en pius grande quantité dans la partie inférieure. La nature des pacos varie avec celle de la roche encaissante.
En général , dans la partie qui correspond au système porphyrique, on trouve dans le filon, avec les quartz carriés, des argiles, des cuprosilicates; c’est précisément dans cette partie qu’abondent les chlorures d’argent. On y trouve aussi des concrétions d’hydrate de fer compacte, très-argentifères, renfermant quelquefois l\o pour cent d’argent.
Quant à la partie correspondante au système schisteux, on y rencontre fréquemment des pyrites, surtout celles qui sont en pâte et qui ne renferment pas ordinairement d’argent. On y trouve aussi des pacos stalactiformes de toute espèce, lesquels sont très-chargés de fer. Les pyrites argentifères sont peu abondantes, on en trouve dans tout le filon.