‹ Traité expérimental de l'électricité et de magnétisme (volume 2)Chapitre 132 sur 208 · CHAPITRE III. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. I

ment de l’isolement de la silice et de la non-altération par le feu des parois de ces filons, que ceux-ci ont dû être remplis par voie aqueuse.

Le remplissage provenant de l’extérieur se compose de fragments de roches anciennes qui ont éprouvé quelque altération , tels que des schistes dont le talc et le mica sont changés en une substance grise, tachante et ardoisée; des schistes talqueux dans lesquels la stéatite s’est isolée en veinules ou nodules jaunes très-onctueux, et des granités dont le feldspath est converti en kaolin.

Les granités de même formation , qui se trouvent en amas et loin par conséquent du contact d’autres corps, n’ont éprouvé aucune altération.

Le remplissage par l’intérieur paraît être dû à des sources qui ont déposé de la silice, du sulfure de fer et des pyrites arsenicales sur les fragments des roches primitives. Ces dépôts, qui ont été enveloppés ensuite par tous les autres dépôts, constituent la première époque de remplissage.

Cette époque est caractérisée par une absence presque complète de cristallisation. Il semblerait que les eaux minérales étaient tellement chargées de substances ou d’éléments propres à produire celles-ci , qu elles ont dû se prendre en masse.

1241. M. Fournet a observé quatre autres époques de remplissage; à la seconde, les fentes primitives ont éprouvé une nouvelle dilatation, il en est résulté plusieurs branches secondaires auxquelles on donne ordinairement le nom de filon du mur ou du toit et dont les caractères sont essentiellement différents de ceux du filon primitif. Ces branches secondaires ont été remplies par des produits secondaires et tertiaires , comme les fentes précédentes, soit par des fragments anciens provenant de la surface et des débris quartzeux du filon détachés par la violence de la secousse, soit par des dépôts de quartz et de sulfure des sources venues de l’interieur. Les quartz se distinguent des précédents par une texture éminemment esquilleuse et par une ten-

DES FILOJNS 1>E FONTG1BA.ÜD.

or

dance prononcée à la cristallisation qui a produit, vers les dernières périodes de l’époque, des pointements cristallins.

Les depots du sulfure ont eu lieu autour de nodules anciens et ont formé des zones alternatives de pyrites, de alêne et de quartz régulier en petits cristaux. i9./}2. A la troisième époque, une dilatation nouvelle du filon a eu lieu; il en est résulté les mêmes accidents qu’à la deuxième, c’est-à dire des fractures, des éboulements de roches anciennes et formation de nouveaux minéraux, (dette dilatation paraît avoir eu pour résultat de détourner les sources qui produisaient la blende et la galène, et d’introduire dans le filon des dissolutions chargées de sulfate de baryte, ou du moins de sels capables de le produire par leur réaction.

Il n’est pas rare de trouver dans le filon de Barbeco, dont le centre est un fragment de roche ancienne, enveloppé de quartz esquilleux, des sulfures de plomb et de zinc de la précédente époque. Le sulfate de baryte, dans son contact avec les roches anciennes, a pris ordinairement des teintes violacées qui se perdent peu à peu en raison de son éloignement des roches anciennes. Ce fait confirme l’observation qui est relative à la coloration du quartz esquilleux, savoir, que les eaux ont agi par voie de dissolution sur les roches préexistantes.

1243. A la quatrième époque, l’énergie incrustante des sources paraît s’être affaiblie peu à peu; aussi les formes du minerai sont-elles de plus en plus régulières. Le filon a achevé de se constituer, les sa I bandes se sont formées. M. Fournet divise les produits formés en deux classes, ceux provenant des sources de l’intérieur, et ceux qui sont dus à des causes extérieures. Ces derniers sont également des argiles tenaces et onctueuses, fréquemment chargées de détritus du filon lui-même.

Quelquefois les salbandes paraissent être le résultat d’une altération profonde de roches anciennes. Cet effet peut s’expliquer par le séjour prolongé des eaux dans le filou, en raison de l’analogie que l’on remarque avec l’alté-

CIIA.PITRE III.

ration identique du même rocher à la surface de la terre.

Pendant que ces altérations avaient lieu, il s’est formé des pyrites, d’autres substances et divers carbonates qui indiquent la première arrivée de l’acide carbonique.

Enfin , la cinquième époque correspond probablement a ceile des grandes alluvions et des éruptions basaltiques. Les dépôts siliceux ont toujours continué à paraître et n’ont pas cessé jusqu’à nos jours; mais avec cette différence, qu’il est impossible d’expliquer comment il se fait que la silice soit constamment dans un état gélatineux qui ne lui permet plus de cristalliser. Le fer et le manganèse y sont à l’état d’hydrate; la calamine seule, en raison deses affinités énergiques, a pu conserver l’acide carbonique qui , du reste, se dégage depuis cette époque, avec force, soit des eaux, soit des fissures multipliées produites par les commotions qui ont accompagné la série des éruptions volcaniques. Les dépôts ferrugineux et calcaires tendent constamment à obstruer les travaux du mineur, en sorte que, après l’épuisement du filon, si on laissait les galeries fermées, et que la masse acquît de la compacité par les infiltrations successives, il est probable que des exploitations nouvelles seraient ouvertes sur des dépôts de minerais de fer hydraté silicifères; c’est ainsi que l’on trouve des ocres très-compactes, cimentant des fragments de remblais, ayant une surface mamelonnée et dorée comme celle de certains minerais de fer.

1244. L es dépôts de manganèse libre sont peu abondants, ceux de silice pure sont affectés à certaines localités, et les calcaires ne diffèrent pas en général de ceux qui constituent les stalactites ou les concrétions amorphes. Ces dernières sont quelquefois cristallisées assez irrégulièrement et en pointements oblongs. Le plus fréquemment, toutes ces substances sont mélangées confusément ensemble et constituent dans les galeries ou à la surface du sol des amas d’ocre effervescent, à base de silice gélat ineuse.

124^. Dans la contrée que nous décrivons, il est fa-

Page 1